XXXV. (Suite) Stephenson refuse d'aller au cabaret - Ses premiers travaux

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M. Edmond. - Georges se maria jeune. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il dut travailler plus que jamais. Le dimanche, il employait ses loisirs à s'instruire, lisant et calculant sans cesse, étudiant sur des dessins le mécanisme de toutes les machines nouvelles et se mettant ainsi mieux au courant des choses de son métier.

Il était si sobre qu'on ne l'a jamais vu au cabaret. Il s'exposa même à mécontenter le chef de la mine, auquel il devait sa place de mécanicien, plutôt que de consentir à l'accompagner dans une taverne pour y prendre un verre d'eau-de-vie.

- Excusez-moi, monsieur, répondit fermement Stephenson, mais je me suis promis à moi-même de ne jamais boire.

Le feu prit un jour à la demeure de Georges en son absence. Une partie de son mobilier brûlée ou endommagée lui causa de grandes pertes. Entre autres, le coucou qui marquait les heures était dans un si triste état qu'on ne pouvait plus le faire marcher ; et ce qui était plus fâcheux encore, l'argent manquait pour s'adresser à l'horloger. Stephenson fit pour sa précieuse horloge ce qu'il faisait pour ses machines : il la démonta avec précaution, l'examina, la nettoya, la remit à neuf avec tant d'intelligence qu'elle marcha ensuite mieux que jamais.

- Bon ! pensa alors notre industrieux travailleur, voilà désormais une nouvelle corde à mon arc : au lien de raccommoder simplement les chaussures à la veillée, j'y joindrai la réparation des horloges. L'incendie au moins m'aura été bon à quelque chose.

Et en effet, à partir de cette époque, tout le village lui confia le soin de ses montres et de ses coucous.