La fabrique de violence, selon Jan Guillou

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Renvoyé de son école, et aussitôt admis comme pensionnaire dans un collège suédois huppé (sa mère ayant vendu, pour payer ses deux années d'internat, le Courbet qui trônait au salon), le jeune Erik, 14 ans, va faire connaissance avec l'incroyable violence qui règne dans cet établissement. Deux éléments, cependant, viendront à son aide ; d'une manière inattendue, le fait qu'il ait été, jusque là, battu comme plâtre par un père sadique, fait de lui un être insensible à la douleur ; par ailleurs, doté d'une force bien supérieure à celle des garçons de son âge - il excelle dans les disciplines sportives - il saura, en cas de nécessité, répondre à la violence par la violence.
Pour faire face à ce climat délétère, où la loi du plus fort tient lieu de système éducatif, appuyé sur la passivité lâche des plus faibles, les discussions passionnées (dans lesquelles reviennent souvent Gandhi et Polyphème) qu'il aura avec son voisin de chambrée, le jeune israélite Pierre, sauront le faire "tenir", jusqu'à sa vengeance finale.

 

À la mémoire de mon ami Gilbert R. (1929-2010)

 

C'est à un devoir de mémoire et d'amitié, comme on le verra in fine, que je dois d'avoir préparé cette séquence. Elle concerne un aspect bien ignoré de la Suède, de son régime si démocratique pense-t-on, de son magnifique État-providence et de ses meubles en kit.
À telle enseigne que l'horreur procurée par la lecture de ce gros pavé de près de 400 pages, mettant en pièces une prétendue "éducation mutuelle", en réalité d'essence parfaitement fasciste, en œuvre du côté de Stockholm vers la seconde moitié du siècle dernier, paraît au lecteur de bonne foi devant être, tout de même tempérée par le recours à l'imagination, qu'on pense débordante, de l'auteur. Mais quand on apprend qu'il s'agit d'un cri de haine largement autobiographique (au vrai, d'un Bildungs Roman), et que l'auteur, par des articles de journaux, a pu faire fermer l'institution dont il décrit minutieusement les épouvantables règles de vie, on en vient à penser qu'il n'y a décidément pas de limites au dévoiement du système éducatif.

Et puis, la réalité rattrapant parfois la fiction, voici qu'éclate chez nous une "banale" affaire de bizutage : les journaux en ont (évidemment) fort peu parlé, et cependant, juste avant les vacances de Toussaint (je dis bien de tous les saints), une jeune collégienne de 11 ans a été lynchée dans la cour de son établissement à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Elle a été victime du "baptême des 6èmes", bizutage organisé par des élèves plus âgés, et si banal que son chef d'établissement l'a pratiquement traitée de menteuse (je te le foutrais à la porte, ce salaud-là, et plus vite que vous ne le pensez), la jeune Lehna, qui a tout de même, dans son malheur, eu la chance qu'un micro de RTL lui soit ouvert.
Entendre son récit est recevoir un avant-goût de l'ouvrage suédois. De plus, les langues se déliant, on apprend que ces pratiques fascistes, il faut oser le mot, même s'il est largement galvaudé, n'ont pas cours seulement en Seine-Saint-Denis ; la fabrique de violence ! Est-ce ainsi que les hommes sont préparés à vivre ?

[la seule action un peu sincère et désintéressée que la dénommée Ségolène R. avait entreprise, lors de son passage à l'Éducation scolaire, fut d'éradiquer la notion même de bizutage. Las, elle a complètement échoué, mais on ne saurait lui imputer ce triste échec].

 

 

[...]

Je peux m'en aller, maintenant ? demanda Erik.

Le Conseil te condamne à quatre samedis et dimanches pour insolence envers lui. Disparais et fais bien attention à ta conduite, à l'avenir.

Oui-oui-oui, dit Erik en poussant un soupir théâtral avant de quitter la salle.

En sortant dans le noir, devant le bâtiment de l'école, il sentit tomber les premiers flocons de neige. Le premier semestre allait bientôt être terminé. Le quart, se dit-il, il avait déjà parcouru le quart du chemin qui le menait vers la liberté.

 

 

- Est-ce que cela valait vraiment la peine, Erik ? Ça fait bientôt deux semaines que tu as toutes ces coutures sur la figure et tu commences tout juste à être reconnaissable. Pendant plusieurs jours, tu étais vraiment affreux à voir. Ils ne t'ont pas touché depuis, mais c'est peut-être dû, comme tu disais, au fait qu'il faut d'abord que tes plaies guérissent. Mais je ne suis pas trop sûr que ce genre de types s'occupe de ça. Tu as attrapé tellement de samedis-dimanches que tu en as plus que tu ne pourrais en faire, même si tu restais ici encore cinq ou six ans. Et, si tu t'en vas d'ici dans un an et demi pour entrer au lycée, tu n'auras pas un seul samedi-dimanche de libre avant de partir. Oui, je sais, ça t'a aidé à rattraper ton retard en maths et physique, et après ? Combien auras-tu de fausses dents dans trois semestres, si tu continues à ce régime-là ? Il n'y a personne d'autre qui résiste, tous les autres veulent que les choses restent comme elles sont, à Stjàrnsberg. Tu comprends ? Ça peut paraître bizarre, mais même les types des petites classes ne veulent rien changer. La nuit du bizutage a été un fiasco pour le Conseil, mais les autres sont déçus. Y avait de quoi, d'ailleurs, même si l'histoire de Silverhielm a battu les records, malgré tout. Ça a bien fait marrer, c'est vrai, et Silverhielm n'a pas fini d'en entendre parler tant qu'il sera ici. Mais, en fait, je t'assure, la plupart des types des petites classes auraient souhaité que ce soit toi qui subisses le sort de Silverhielm. C'aurait été tout aussi marrant mais plus normal, si les rôles avaient été inversés. Et quand Silverhielm t'a tapé sur la figure, le lendemain, dans le réfectoire, ne va pas croire qu'il y en avait un seul qui t encourageait. Ils voulaient seulement voir ce que tu serais capable d'encaisser. Bon, je reconnais que ça a fait son effet, cette petite séance, et que tout le monde est d'accord pour dire que tu es plus coriace qu'on aurait pu croire. Et personne n'aura l'idée de venir t'emmerder, je veux dire : personne d'autre que les types du Conseil, en tout cas. Mais, derrière ton dos, y en a qui se moquent toi et qui se tournent le doigt sur la tempe pour montrer qu'ils trouvent que tu es cinglé. Si tu n'étais pas le meilleur en classe après moi, ils le diraient franchement, que tu es cinglé. Ça leur donnerait un motif de plus de ne pas s'occuper de tes histoires de résistance. Maintenant, il ne reste plus beaucoup de temps avant les vacances de Noël. Mais, le semestre prochain, on sait d'avance ce qui va se passer. Je veux dire : tu vas encore te faire tabasser par le Conseil.

- Bien sûr qu'ils vont encore me tomber sur le paletot, je le sais bien. Mais, contrairement à toi, je ne crois pas que je vais aller faire beaucoup d'autres visites à l'atelier de couture de l'hôpital. C'est ça que tu ne comprends pas, y a beaucoup de choses que tu ne comprends pas, à propos de la violence. Alors, je vais t'expliquer. S'ils m'ont laissé tranquille, ces jours-ci, malgré ce que j'ai pu dire tout haut sur Silverhielm qui puait la merde et ce genre de choses, c'est pas seulement parce que j'ai toujours tous ces points de suture sur la figure. Ça, c'est seulement ce qui se voit. Mais la violence fait aussi peur à ceux qui se battent. Y a personne qui n'ait pas peur, d'une façon ou d'une autre, quand il se bat ; on a toujours peur. Et y a rien qui fasse aussi peur, je crois, que d'être là à taper sans arrêt dans la gueule d'un type sans qu'il essaie de se faire tout petit et sans qu'il tombe par terre. Mais c'est arrivé à Silverhielm. Il était déchaîné, à la fin. Mais c'était parce qu'il avait peur, du fait que je ne bougeais pas, que je restais sur mes jambes. C'est d'ailleurs pour ça que j'en étais capable, parce que je savais que ça se passe comme ça. Et ils ont pas oublié ça, tu peux me croire. Ils sont tous là à se demander ce qu'ils auraient fait à la place de Silverhielm. Et jusqu'où est-ce qu'ils peuvent aller, alors, pour ne pas se retrouver dans la même situation que lui ? Ils peuvent pas me tuer, y a quand même des limites. Je veux dire : c'est comme nous avec le dépôt d'armes de la préparation militaire. Toi et moi, on pourrait aller chercher deux pistolets-mitrailleurs et quelques grenades et puis descendre tout le Conseil d'un seul coup avec. Bien sûr qu'on pourrait, je veux dire : du point de vue technique, Mais bien sûr qu'on va pas le faire non plus. Tu comprends ? Y a toujours une limite au-delà de laquelle la raison l'emporte sur les sentiments.

- Non, attends. En fait, je t'ai pas dit ce que je voulais te dire. C'est ta façon de discuter qui fait que je me limite aux choses superficielles. Mais on a toujours été bien d'accord sur l'essentiel. L'autre nuit, tu te rappelles, pendant qu'on était dans le noir à attendre qu'ils arrivent et qu'on parlait de Polyphème et du mal, on était bien d'accord sur l'essentiel. Il faut se battre contre le mal. Il faut toujours le faire, on peut pas dire qu'on le fera ailleurs et une autre fois, alors qu'on se trouve ici, en plein Stjàrnsberg. Tu me crois, hein, si je te dis que, les premiers jours après la séance du réfectoire, c'était pas marrant de se regarder dans la glace. Mais, écoute bien parce que c'est le plus important de tout : si j'avais pas fait ce que j'ai fait et si j'avais pas eu une égratignure sur la figure, eh bien j'aurais eu encore plus de mal à m'y regarder, dans la glace. Je veux pas être comme eux, jamais. Et toi non plus. Ne viens pas me dire le contraire parce que c'est pas vrai. Et je me fous pas mal si ces idiots de la Case et les autres des petites classes sont du côté du Conseil. Ils se trompent, tout simplement, ils devraient m'aider pour qu'on mette fin à tout ça. Mais, d'une part, ils sont lâches et, d'autre part, ils veulent être membres du Conseil, eux aussi, plus tard, en récompense en quelque sorte. C'est des collabos, comme Quisling, le Norvégien. S'il peut y avoir des Quislings, parmi les adultes, dans un pays tout entier qui est occupé par les nazis, c'est pas étonnant qu'il y en ait aussi dans les petites classes de Stjàrnsberg. D'ailleurs, la Case veut me voir demain et c'est pas difficile de deviner ce qu'ils me veulent. Salauds de collabos !

 

 

La Case voulait le raisonner. En toute camaraderie et entre élèves des petites classes, on voulait lui faire entendre raison. Ils avaient discuté son cas, lui dirent-ils, à la fois entre eux et avec le Conseil. Et cela ne pouvait plus continuer ainsi. Si Erik ne se plaisait pas à Stjàrnsberg, il n'avait qu'à quitter l'école. De cette façon, tous les problèmes seraient réglés, à la fois en ce qui le concernait, lui, et l'esprit de camaraderie. Ah bon, il ne pouvait pas partir.

C'était bien dommage car ce qui se passait en ce moment n'était pas bon pour l'éducation mutuelle. La grande majorité de l'école était en faveur de ce système, Erik n'avait certainement pas pu éviter de le remarquer. Mais sa conduite était très préjudiciable à ces principes. Plusieurs élèves de sixième avaient déjà commencé à utiliser le surnom du préfet et celui du vice-préfet. Ah bon, il ne le savait pas ? Eh bien, c'était un fait, malgré tout. Et c'était très mauvais. Cela risquait de faire tache d'huile et ne pouvait amener que des histoires et des punitions en nombre inutile. C'était bien dommage pour tous les autres, qui risquaient de devoir subir de telles corrections simplement parce qu'Erik les abusait, ces petits. Cela traduisait de sa part un manque total de solidarité, il se comportait comme une sorte de surhomme et c'était inadmissible.

Personne d'autre ne serait capable de rester ainsi des minutes de suite à recevoir des coups sans bouger et personne ne pourrait s'amuser à filer sous le nez des types du Conseil comme il arrivait à Erik de le faire. C'était antidémocratique et la Case ne pouvait donc que s'opposer à ce genre de pratique. Trois ou quatre autres élèves avaient déjà commencé à imiter cette fantaisie de refuser les clonques, même au prix d'un samedi-dimanche. Comment cela allait-il se terminer ? Les petites classes risquaient de se diviser en deux camps et la Case devait absolument faire tout ce qui était en son pouvoir pour s'opposer à cette scission. La seule solution démocratique était que tout le monde soit astreint aux clonques et à servir de larbin aux membres du Conseil.

Mais la Case avait un compromis à proposer. On en avait parlé au Conseil et celui-ci était d'accord, sans vouloir le déclarer ouvertement et, naturellement, il ne fallait pas que cela s'ébruite. On pouvait parler de ballon d'essai, si on voulait.

Si Erik se tenait tranquille et cessait de se faire remarquer, au début du semestre suivant, le Conseil, de son côté, se désintéresserait de lui. S'il arrêtait de traiter le préfet de Skitenhielm et autres termes de ce genre et se tenait tranquille, on le laisserait en paix. Ce serait la meilleure solution pour tout le monde. On pourrait au moins l'essayer le semestre prochain. Et, si elle donnait satisfaction, on pourrait ensuite discuter à propos de tous ces samedis-dimanches d'arrêts qu'Erik avait attrapés. C'était absurde d'infliger à quelqu'un plus de punitions qu'il n'aurait le temps d'en effectuer, même s'il faisait toute sa scolarité à l'école. S'il se tenait tranquille un semestre, on pourrait peut-être décider de passer l'éponge.

Tout le monde y gagnerait. Erik aurait la paix et n'aurait pas à subir tout ce que, sans cela, le Conseil serait bien obligé d'inventer contre lui. Et le Conseil, de son côté, aurait le temps de se consacrer à des choses plus importantes que de se demander comment il allait bien pouvoir mettre une raclée à Erik. Les petites classes retrouveraient ainsi le calme. Donc, tout le monde aurait à gagner à un tel compromis. S'il refusait, c'était la guerre et ce serait lui qui aurait le plus à en pâtir.

Il n'aurait qu'à réfléchir à cela pendant les vacances de Noël.

 

 

- C'est bizarre, cette proposition, ça paraît louche, dit Pierre. Ils ne proposent rien d'autre, en somme, que la reconnaissance d'un équilibre de la terreur entre toi et le Conseil, mais sans que ça ait l'air d'être convenu entre vous.

- Oui, c'est à peu près comme ça que j'ai compris la chose, moi aussi.

- Si tu leur fous la paix, ils te la foutront aussi. Mais alors, tu as gagné. J'aurais jamais cru ça.

- Moi non plus. Je veux dire : j'aurais jamais cru que ça serait aussi facile. Mais y a quand même quelque chose de louche. Ils veulent faire la paix avec moi afin de pouvoir continuer à agir à leur guise avec tous les autres gars des petites classes. On dirait presque qu'ils croient eux-mêmes à ce "complot socialo dont ils m'accusent.

- Qu'est-ce que tu as l'intention de faire ?

- Je ne sais pas. Je vais penser à ça pendant les vacances de Noël. Je vais retrouver la douceur du foyer à l'époque de Noël et mon petit préfet domestique, mon paternel, quoi, qui va se charger de me rendre plus compréhensif en vue du prochain semestre.

Les vacances de Noël. Pierre avait omis de lui parler d'une chose. Il n'avait rien voulu dire avant que tout soit sûr. Mais maintenant, c'était décidé : son père allait venir en Suède pour Noël et ils allaient passer toutes les vacances dans le chalet qu'il possédait à Sâlen. Il allait venir les chercher en voiture et ils partiraient directement pour Sàlen. Oui oui, Erik était invité, lui aussi. Comme ça, il n'aurait pas à passer Noël chez lui.

Une semaine plus tard, c'était la cérémonie marquant la fin du semestre. Après les psaumes, on procéda à la remise des prix scolaires et sportifs. Quand Erik reçut la coupe Lewenheusen récompensant le meilleur nageur de l'école, on entendit çà et là quelques huées.

Erik glissa son carnet de notes dans une enveloppe portant l'adresse de ses parents. Puis il mit celle-ci dans la boîte aux lettres de l'école. Peu après, le père de Pierre passa les chercher.

 

 

© Jan Guillou, La fabrique de violence, Agone, 1990 (édition originale, 1981), pp. 262-269

 

 


 

 

Texte soumis aux droits d'auteur - Réservé à un usage privé ou éducatif.

 

 

 

Post-scriptum

 

5 juin 2006

Mon cher,

Toujours pareil, c'est toujours après coup que je m'aperçois de mes oublis ou de mes erreurs. Au lieu de dévider mes poncifs de vieillard qui doivent te laisser complètement essoré sur le bord du chemin après ta visite à l'ermite, je voulais te signaler un livre dont je crois que tu pourrais faire bon usage pour ton site Internet : "La fabrique de violence".
Je ne me rappelle ni l'auteur, ni l'éditeur, mais c'est un livre tellement "violent" dont les gens, finalement, préfèrent ne pas parler : on ne sait plus qu'en dire !
C'est le récit d'un jeune garçon pensionnaire d'un collège suédois où la vie d'internat est réglée sur le principe de l'enseignement "mutuel". Il faut voir ce qu'on peut faire avec un tel principe contre la violence, et il faut savoir ce qu'on peut faire avec la nature humaine - et la suédoise en particulier... Cette Suède luthérienne si civilisée, si aimable, si humaniste !

Mais je vois bien que ce que je dis là est inutile, car tu auras sûrement déjà lu ce livre. Mais à tout hasard...

Ce qui motive cette lettre, c'est aussi que je viens d'entendre sur la radio BFM une explication de la position prise par Ségolène sur les 35 heures. Il m'a semblé que tu étais passablement scandalisé, et donc que tu interprétais la "pensée" de Ségolène comme une critique des 35 heures. Or, il n'en est rien, c'est même l'inverse. D'après le court paragraphe consacré à cette question, (sur les 64 pages du texte Internet relatif aux problèmes économiques), il s'agit au contraire de durcir les 35 heures pour qu'elles soient vraiment accessibles à tout le monde, et qu'elles profitent vraiment aux masses. On serait donc en présence d'un cas typique de désinformation par la presse aux ordres, ce qui est bien français. Le mal est fait, les démentis et les corrections n'y feront rien. Ainsi va le monde. Et c'est une forme de violence particulièrement intolérable.

Bien à toi,

Gilbert