Les ensaignements d'une dictée (2)

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[suite 1]

 

 

II. Pomme et les divisions

 

Le corpus dont nous entamons maintenant l'investigation provient d'une session d'examen d'entrée en sixième : on n'en donnera ni la date (mais la session est contemporaine de la parution des Instructions Officielles concernant l'enseignement de l'orthographe à l'école élémentaire et au collège), ni, évidemment, le lieu. On rappellera cependant que l'entrée au Collège se faisant désormais à partir des propositions des instituteurs, seuls les élèves de CM 2 jugés non (encore) aptes à quitter l'école primaire, et dont les parents souhaitent pourtant ce départ, sont soumis à un examen dit d'appel. Il va dès lors de soi que l'échantillon examiné n'est nullement représentatif de la population des classes de CM 2, puisqu'il s'agit d'enfants ayant obtenu, durant cette dernière année scolaire (et, très vraisemblablement aussi, dans les classes précédentes), des résultats particulièrement bas. L'analyse du corpus n'en sera, selon nous, que plus instructive(0).

 

 

I - LE TEXTE DICTÉ

 

Pomme et les divisions.

 

On avait donné à Pomme des devoirs à faire à la maison. Un soir, sa mère me montra trois bizarres colonnes de chiffres qui zigzaguaient au travers d'une page :

"Regarde donc les divisions de Pomme.. J'ai l'impression que celle-ci est fausse".

La mienne fut, au premier coup d'œil, que les trois l'étaient...

Pomme dut les refaire entièrement, au cours d'une longue séance où elle employa contre moi toutes les ruses qui lui servent habituellement à fatiguer son monde, jusqu'à ce qu'on résolve à sa place les problèmes.

 

Cette dictée est tirée d'un ouvrage de Gabriel Chevallier(1), '"Ma petite amie Pomme", écrit entre 1931 et 1940, date de l'édition. La comparaison entre le texte original, ci-dessous, et l'extrait destiné à être dicté révèle, à l'évidence, la propension de l'école à présenter aux élèves des textes tronqués(2).

 

 

MA PETITE AMIE POMME

 

Les choses ont fini par se gâter. On avait donné à Pomme des devoirs à faire à la maison. La mère mit le nez dans les cahiers, examina un peu la science de sa fille. L'examen fut bref et concluant. Pomme connaît plus de locutions audacieuses que de sous-préfectures, plus de refrains de music-hall que de prières et plus de mauvais tours que de recettes mathématiques.

J'ai été amené à me mêler moi-même de l'instruction de ma petite amie. Un soir, sa mère me montra trois bizarres colonnes de chiffres, qui zigzaguaient au travers d'une page comme une relève d'éclopées, semant de tous côtés des traînards.

- Regardez donc les divisions de Pomme. J'ai l'impression que celle-ci est fausse.

La mienne fut, au premier coup d'œil, que les trois l'étaient, que les nombres avaient été jetés comme au poker d'as. Mais la mère de Pomme a pour les divisions autant de répugnance que sa fille et une égale incapacité de les mener à bien. Elle serait très embarrassée d'en contrôler les résultats et juge plus simple d'asseoir son autorité sur des affirmations empiriques.

Les trois divisions étaient fausses d'un bout à l'autre. Pomme dut les refaire entièrement, au cours d'une longue séance où elle employa contre moi toutes les ruses qui lui servent habituellement à fatiguer son monde, jusqu'à ce qu'on résolve à sa place les problèmes. Nous n'étions jamais entrés en lutte sur ce terrain. Elle voulut y connaître ma force, car un pressentiment l'avertissait que si elle devait capituler la première fois, elle serait toujours à ma merci. Or je savais que le même péril me menaçait.

Au troisième chiffre du premier quotient, Pomme fut secouée de sanglots excessifs, et je vis la mère sur le point de faiblir. C'est bien sur quoi comptait la fille. Mais je ne laissai pas à l'attendrissement maternel le temps de consommer ma défaite.

- Prends bien ton temps, Pomme. Et si tu penses que les larmes t'éclairciront les idées, pleure bien ton saoul. Nous ne sommes pas pressés. Nous ferons ensuite les divisions.

Elle eut encore quelques hoquets de transition, destinés à couvrir sa retraite, puis elle reprit sa sérénité. Trois minutes après, elle recherchait mon alliance, avec un rire frais et un visage ami. Mais je ne fléchis pas non plus devant sa gaieté, pourtant si sympathique.

En deux heures, les divisions, refaites plusieurs fois, étaient alignées correctement, dans leur formation définitive.

- Tu vois, Pomme, que c'est en somme amusant. Si tu prends l'habitude de considérer le travail comme un plaisir, il ne te coûtera jamais.

 

Extrait de ma petite amie Pomme, de C. Chevallier, P.U.F., 1940, pp. 172-173 (chap. 12 : les études de Pomme).

 

 

Dans le cas présent, s'il est clair que les coupures étaient destinées à ôter d'importantes difficultés d'encodage, il n'en est pas moins vrai qu'elles conduisent à supprimer un des trois protagonistes, la mère, et à falsifier la pensée de l'auteur. En tout état de cause, le texte ne correspond pas tout à fait aux normes de longueur requises en pareil cas (100 occurrences, au lieu de 80), et d'autres difficultés, nombreuses, demeurent. Car, lorsqu'on vient d'écrire que les coupures pratiquées dans le texte original tendaient à rendre la tâche des jeunes scripteurs plus aisée, encore convient-il d'y regarder de plus près : l'exemple de la cinquième phrase nous semble assez éloquent, à cet égard :

 

La mienne fut, au premier coup d'œil, que les trois l'étaient.

Détaillons-la sur le plan sémantique : nous sommes en présence de trois phénomènes d'anaphore, donc d'ellipses d'éléments se trouvant à différents lieux, parfois éloignés, du texte.

 

 

la mienne impression (4ème phrase)
les trois divisions (2ème phrase)
l' fausses (4ème phrase)

 

La cohérence sémantique est certes très forte, mais la cohésion de surface assez faible (et particulièrement dans le dernier exemple, où l'anaphore ne renvoie pas au seul thème, comme dans les deux premiers) : l'auditeur/scripteur est mal guidé, et la difficulté redoutable pour des élèves de l'école primaire : la désambiguïsation ne peut s'effectuer que par référence à une situation de communication (les rapports parents/enfants vus de l'extérieur) sans doute étrangère aux enfants. D'autre part, si l'opposition syntaxique aoriste vs non-accompli (fut vs étaient), est parfaitement à sa place ici, dans de l'écrit narratif, elle a pu troubler ceux dont la tâche n'était pas de la saisir en tant que nuance, mais de la décoder puis de l'encoder de façon pertinente.

On ne peut maintenant plus affirmer que les coupures ont facilité la tâche des candidats : bien au contraire, elles l'ont compliquée, et singulièrement. En fait, un découpage autre, qui aurait rendu la cohésion limpide, aurait pu être pratiqué : tout un paragraphe aurait pu être supprimé sans dommage, et la dictée reprendre à :

 

Les trois divisions étaient fausses d'un bout à l'autre.

Mais, pour cela, il eût fallu que la commission d'examen chargée de préparer le sujet lût avec soin le texte original(3) : ceci, selon l'expression consacrée, est un tout autre problème. Alors, venons-en à l'analyse de notre corpus(4) .

Il paraît cependant intéressant, avant toute autre analyse, de procéder à propos de Pomme , au même comptage que celui effectué par Cl. Buridant sur le texte de Valéry(5) : ceci peut conduire à donner une première idée, certes superficielle, de la difficulté du texte. Effectuons donc une confrontation avec la liste Reichenbach :

 

  Ters-Reichenbach Pomme
Les 35 premiers mots-outils 44 % 46 %
Les 35 derniers mots-outils 13 % 8 %
Les 500 mots fréquents 35 % 22 %
Total 92 % 76 %

 

C'est assez dire, si on revient aux résultats de Buridant, que notre dictée d'entrée en sixième est à peine moins difficile que celle du B.E.P.C....

 

2 - POMME ET LA PHONÉTIQUE

 

Les mauvais résultats obtenus à cette épreuve nous incitent tout d'abord à effectuer une comparaison, au point de vue des "sons", entre la fréquence de leur apparition dans Pomme et la fréquence générale constatée par la statistique.

Nous avons choisi, pour ce faire, de nous appuyer sur l'étude de F. Wioland(6), parce qu'elle nous a paru prendre en compte, non seulement les travaux antérieurs de même type, mais encore un corpus beaucoup plus étendu.

Certes, le sous-titre de l'étude de Wioland porte "Estimation de la fréquence des phonèmes en français parlé", mais l'examen des textes analysés révèle qu'ils appartiennent aussi au français écrit(7), et que par voie de conséquence la comparaison avec Pomme peut être légitime.

Par ailleurs, il va de soi qu'on ne peut attendre de notre dictée une image fidèle, microcosmique, pour ainsi dire, des résultats de Wioland : l'étroitesse du texte nous interdit cette hypothèse. En revanche, la comparaison peut avoir l'utilité de repérer des tendances, et donc d'exprimer qu'il est conforme, dans ses grandes lignes, à la distribution des phonèmes du français, ou bien qu'il s'en écarte de manière très significative, ce qui pourrait constituer un premier indice expliquant les résultats.

 

2-1. Données numériques.

 

Trois phonèmes seulement sont absents de notre corpus : ils figurent, dans le relevé de Wioland, parmi les six derniers ; ce sont le /Ø/ (0,6 %), le /gn/ (0,1 %) et le / a/ (0,1 %),. Il n'y a rien là, donc, d'étonnant.

Demeurent trente-trois phonèmes pour 299 occurrences, dont 58,19 % de phonèmes consonantiques, et 41,81 % de phonèmes vocaliques ; les résultats présentés par Wioland étant respectivement de 56,5 % et 43,5 %, on voit que la convergence est assez remarquable, et meilleure qu'on ne pourrait s'y attendre.

Certes, quelques écarts sont à noter ici ou là, comme le montre le tableau suivant, mais il est assuré que l'épreuve du k 2 nous fournirait la confirmation d'une forte corrélation significative, et donc d'une remarquable conformité de Pomme avec la moyenne d'apparition et de répartition des phonèmes du français.

 

Phonèmes Fréquence Wioland Fréquence corpus
1 R 7,8 8,03
2 a 7,6 8,7
3 l 6,2 7,02
4 s 5,8 5,02
5 e 5,6 5,69
6 e 5,4 5,35
7 i 5,3 4,01
8 t 5,3 3,68
9 d 4,3 4,68
10 p 4 3,34
11 k 4 3,68
12 m 3,6 4,68
13 3,4 3,68
14 ã 3,4 1,67
15 n 2,9 2,01
16 v 2,7 2,34
17 u 2,5 1,34
18 2,1 4,01
19 y 2,1 2,01
20 o 1,9 2,01
21 j 1,8 2,67
22 z 1,5 1
23 1,5 2,34
24 f 1,4 2,01
25 1,3 2,34
26 1,2 0,33
27 b 1,1 1
28 w 1 2,01
29 0,6 0,33
30 g 0,6 1,67
31 Ø 0,6 -
32 oe 0,5 0,33
33 0,5 0,33
34 0,3 0,67
35 0,1 -
36 0,1 -

 

2-2. Les phonèmes consonantiques : 58, 19 % (56,50 % chez FW).

 

2. 2. 1. Remarques générales.

 

- les "liquides" /R/ et /1/ : autour du quart des phonèmes consonantiques : 25,86 % (24,78 %).

- les trois phonèmes constrictifs /R/ + /1/ + /s/ : autour du tiers : 34,49 % (35,95 %)

- /R/ + /1/ + /s/ + /t/ + /d/ : autour de la moitié des occurrences : 48,85 % (52,08 %).

- la première moitié des phonèmes consonantiques (10) : 76,42 % (82,48 %).

- les treize premiers : 86, 75 % (90,97 %).

 

2. 2. 2. Participation des cordes vocales.

- 6 consonnes sourdes : 31,33 % (37,35 %).

- 14 consonnes sonores : 69,46 % (62,65 %).

 

2. 2. 3. Mouvements du voile du palais.

- 17 orales : 89 % (88,85 %).

- 3 nasales : 11,49 % (11,68 %).

 

2. 2. 4. Mode articulatoire.

- 9 occlusives : 42,50 % (45,84 %).

- 11 constrictives : 57,99 % (54,69 %).

- L'apparition des occlusives les plus antérieures (/p/, /b/, /m/, soit l5,5 % (15,38 %) est sensiblement égale à celle des constrictives les plus postérieures (/R/, /W/) : 17,25 % (15,58 %)

- la proportion des constrictives les plus antérieures (/f/, /v/), soit 7,47 % (7,26 %) est sensiblement égale à celle des occlusives les plus postérieures (/k/, /g/) : 9,19 % (8,12 %).

 

2. 2. 5. Lieux d'articulation.

- 3 bi-labiales : 15,50 % (15,38 %)

- 2 labio-dentales : 7,47 % (7,26 %)

- 3 alvéo-dentales : 17,81 % (22,16 %)

- 3 alvéolaires : 24,71 % (23,89 %)

- 2 post-alvéolaires : 2,29 % (3,71 %)

- 4 vélaires : 26,44 % (23,70 %)

 

2. 2. 6. Tableau de répartition des phonèmes consonantiques selon les critères de classement articulatoire

 

 

 
Bilabial
Labio-dental
Alvéo-dental
Alvéolaire
Post-alvéolaire
Palatal
Vélaire
Ensemble
                                               
  p 7,06 5,74       t 9,42 6,32                   k 7,06 6,32 23,54 18,38
  b 1,95 1,72       d 7,61 8,04                   g 1,06 2,87 10,62 12,63
  m 6,37 8,04       n 5,13 3,45             0,18         11,68 11,49
Totaux
  15,38 15,50         22,16 17,81               0,18     8,12 9,19 45,84 42,50
 
        f 2,48 3,45       s 10,27 8,63 1,06 0,57             13,81 12,65
        v 4,78 4,02       z 2,65 4,02 2,65 1,72             10,08 9,76
                                j 3,19 4,59 w 1,77 3,45 4,96 8,04
                                0,53 1,15       0,53 1,15
                    l 10,97 12,06             R 13,81 13,80 24,78 25,86
Totaux
        7,26 7,47         23,89 24,71   3,71 2,29   3,72 5,74   15,58 17,25 54,16 57,99

 

 

[Du haut vers le bas du tableau, le tableau fonctionne selon les modes d'articulation ; d'abord les occlusives, puis les constrictives. De la gauche vers la droite, selon les lieux d'articulation. Pour chaque phonème, la première donnée se rapporte à FW, la seconde à Pomme]

 

2-2. Les phonèmes vocaliques : 41,81 % (43,5 % chez FW).

 

2. 3. 1. Remarques générales.

 

- a : 20,8 % (17,47 %)

- e + e : 26,4 % (25,28 %)

- a + e : 34,41 % (30,34 %)

- a + e , + e : 47,21 % (42,75 %)

- les huit premiers phonèmes vocaliques : 82,39 % (81,14 %)

- les dix premiers phonèmes vocaliques : 92,01 % (90,33 %)

2. 3. 2. Lieux d'articulation.

- 10 voyelles antérieures : 72,78 % (74,02 %)

- 6 voyelles postérieures : 27,19 % (25,98 %)

2. 3. 3. Mouvements des lèvres.

- 5 voyelles non labialisées : 57,59 % (57,69 %)

- 10 voyelles labialisées : 42,41 % (42,31 %)

2. 3. 4. Position du voile.

- 12 voyelles orales : 84,84 % (83,45 %)

- 4 voyelles nasales : 15,16 % (16,55 %)

2. 3. 5. Degré d'aperture.

- i + y + u : 17,55 % (22,76 %)

- e + ø + o : 17,58 % (18,16 %)

- : 8,77 % (7,82 %)

- e + œ + : 19,97 % (17,01 %)

- + + : 11,17 % (8,73 %)

- a + + : 24,80 % (25,52 %).

 

La comparaison que nous venons de dresser rapidement nous paraît assez explicite : le corpus dicté ne s'éloigne jamais beaucoup, en ce qui concerne son contenu phonétique, des moyennes établies par F. Wioland. Cela signifie, pour nous, que les raisons de la médiocre réussite à l'examen d'entrée en sixième ne sont pas à rechercher dans une sorte d'écart important entre le texte et la structure phonique de notre langue.

D'autres domaines d'investigation se doivent d'être ouverts. Détaillons donc à présent les erreurs relevées dans le corpus

 

3 - LES MOTS-OUTILS (8)

 

Globalement, on compte 86,11 % de réussite dans les mots-outils ; en effet, 54 items (pour 32 entrées) pouvaient entraîner 862 erreurs (54 x 16) et on en dénombre 120. On remarquera que, s'agissant des mots-outils, on les a considérés globalement, sans référence à quelque distinction que ce soit, du type usage/grammaire.

Les items ayant entraîné le plus grand nombre de cacographies sont :

- à ( vs a, 42 %des erreurs)

- toutes (absence du -s, 8 % des erreurs)

- étaient (écrit la plupart du temps était ou été, 7 % des erreurs)

- ce ( vs se, 5 % des erreurs)

- on ( vs ont, 4 % des erreurs)

Ainsi, 16 % des mots-outils (5 sur 32) rassemblent 66 % du total des erreurs commises dans ce domaine. On peut en tous cas estimer que la graphie des mots-outils de ce texte n'ayant entraîné que 14 % d'erreurs, cette partie du vocabulaire de base est acquise de façon satisfaisante, en moyenne, par les 16 élèves soumis à l'examen.

 

4 - LES MOTS D'USAGE

 

Les mots-outils du texte regroupant 54 % des occurrences (et 44 % des entrées), les mots d'usage recouvrent le reste, soit 46 %, ce qui nous donne 38 entrées.

Nous les avons d'abord classés en fonction de l'échelle Dubois-Buyse (9), ce qui donne le décompte suivant :

 

Échelons 1 à 7 (C.P.) 2
Échelons 8 à 11 (C.E. 1) 7
Échelons 12 à 15 (C.E. 2) 7
Échelons 16 à 19 (C.M. 1) 4
Échelons 20 à 23 (C.M. 2) 7

Échelons 24 à 27 (6ème) 8
Échelon 32 1 (jusqu'à ce que)
Échelon 33 1 (bizarre)
Hors EDB et hors VOB 1 (zigzaguer)(10)

 


Soit 38 unités, dont onze, c'est-à-dire près de 30 %, statistiquement hors de portée d'enfants de CM 2. Le graphique de la figure 8 peut résumer l'étendue orthographique de ce texte.

 

4-1. La réussite dans les unités appartenant aux échelons 1 à 23.

 

Il s'agit de 27 unités ; elles ont été l'occasion de 110 graphies erronées (dont 10 % accentuelles, du type *sèrvent ou *entierement) : le maximum possible étant de 432 cacographies, la réussite globale est donc de 78,47 %. Les unités ayant entraîné le plus de cacographies sont, par ordre décroissant :

 

Échelons Items % des erreurs
23 cours 14
18 celle-ci 12
21 résolve(11). 11
22 entièrement 10
20 mienne 10
13 problème(s) 7
16 serv(ent) 7
26 % des items, 71 % des erreurs

 

Seules, six unités ont été parfaitement orthographiées : pomme - mère - page - regarde - contre - monde.

La meilleure copie du corpus réalise six erreurs (d'accentuation, essentiellement, + *scéance) sur ces 27 unités : la moyenne est ici, notons-le, de 6,87 % d'erreurs par copie. Dans ce domaine aussi, la réussite peut apparaître comme satisfaisante.

 

4-2. Réussite dans les échelons supérieurs.

 

Demeurent onze unités hors EDB, soit 176 erreurs possibles : 103 ont été constatées, ce qui entraîne un pourcentage de réussite de 41,47 %, c'est-à-dire une chute considérable par rapport aux résultats précédents. Ce qui confirme, a contrario, la valeur de l'Échelle DB comme instrument prédictif.

Les cacographies relevées sont, par ordre décroissant :

 

  Échelon Unités Erreurs par unité
1
32 jusqu'à ce qu' 13
2
/ zigzaguer 12
3
26 séance 11
4
27 colonne 11
5
33 bizarre 11
6
27 habituellement 9
7
27 coup d'œil 9
8
24 impression 9
9
25 employer 9
10
26 fausse 9
11
24 travers 6

 

4-3. Réussite dans les mots faciles et difficiles.

 

On trouve dans EDB un relevé de mots statistiquement faciles ou très difficiles (i.e. : rapport cacographies/graphies).

Six unités de POMME se trouvent dans la première liste : la réussite constatée est de 93 %. Aucune ne figure dans la seconde, mais on peut rapprocher coup d'œil, qui n'a obtenu que 43 % de graphies correctes, de clin d'œil(12).

 

4-4. "Usage" et Juilland.

 

Il convient maintenant de résumer les acquis de la partie "usage" de notre dictée. Certes, il n'est pas question de prétendre que les candidats étaient brillants en orthographe. Mais, tout bien considéré, les résultats obtenus ne sont pas désolants (65 % de réussite globale) et surtout, l'échec dans les unités hors de portée - et ce d'autant plus qu'il s'agissait d'élèves réputés faibles - a pesé lourd : 29 % d'items entraînent 48 % des erreurs ; pour reprendre la formule de Jean Guion, cette partie de l'épreuve n'était pas notée sur 20, mais bien sur 9,6 !

D'ailleurs, une nouvelle indication de la difficulté du corpus POMME (hors mots-outils et formes verbales) apparaît à la lecture du tableau suivant, établi grâce au Dictionnaire de Juilland :

 

N Entrée Rang Juilland Fréquence relative de la forme (en %) Commentaires
1 donc 110éme - 48 % seulement des entrées appartiennent à la liste des 500 premiers mots de Juilland (regroupant 78, 73 % des fréquences cumulées)
2 jusque 135 jusqu' : 93
3 trois 140 -
4 œil 142 œil : 23
5 monde 143 monde : 99
6 contre 169 -
7 soir 175 soir : 95
8 maison 187 maison : 76
9 coup 202 coup : 78
10 place 255 place : 89
11 long 178 longue : 36
12 mère 296 mère : 92
13 problème 305 problèmes : 23
14 cours 387 -
  17 % (6, 85 % chez Juilland)
15 travers 547 -
16 impression 658 impression : 88
17 page 803 page : 52
18 faux 832 fausse : 27
19 devoir 976 devoirs : 17
 
20 séance 1143 séance : 93 34 % (13, 80 % chez Juilland)
21 chiffre 1468 chiffres : 53
22 entièrement 1759 -
23 colonne 1993 colonnes : 68
24 pomme 2225 -
25 division 2380 divisions : 33
26 habituellement 2394 -
27 bizarre 2671 bizarres : 20
28 mienne 2735 mienne : 93
29 ruse 4182 ruses : 50

 

La réflexion de M. Chaumont(13) n'en prendra que plus de poids : "Si l'on propose aux enfants de CM2 des mots hors français fondamental(14), ces derniers risquent fort d'être nouveaux pour eux et d'être mal écrits. Quelle indication donne dans ce cas la dictée ?"

 

5 - LES ERREURS GRAMMATICALES

 

5-1. Les formes verbales.

 

Notre texte renferme 16 formes verbales (en comptant avoir donné comme deux items indépendants), soit trois infinitifs présents et 13 formes conjuguées.

 

5. 1. 1. Les infinitifs.

 

Les trois formes regroupent 21 erreurs ; la réussite n'est que de 56,25 %, ce qui révèle la fragilité des connaissances acquises jusque là, mais aussi l'importance de la "contamination vicinale"(15) : les *refaires, les *refairent.

 

5. 1. 2. Les formes fléchies.

 

Le taux de réussite y est supérieur à celui constaté dans la graphie des infinitifs, ce qui ne laisse pas de surprendre. 64 erreurs ont été commises, soit 69,24 % de réussite.

Les items les moins réussis sont, par ordre d'importance décroissante :

 

- zigzagu/aient 22 % des erreurs
- du/t 17 %
- serv/ent 9 %
- ét/aient 11 %
[31 % des items regroupent 70 % des erreurs]

 

Inventaire de quelques-unes de ces formes :

 

- zigzagu/aient : 14 erreurs (y compris dans la meilleure copie, dans laquelle la partie "usage" du mot est satisfaisante) ; on retrouve ici une constatation faite voici 80 ans par Vaney(16), à savoir que ce sont les fins de mots qui sont le plus cacographiques, et que la difficulté de la partie lexicale du mot empêche l'enfant de porter son attention sur la terminaison.

- serv/ent : 75 % d'erreurs : il existe ici une réelle difficulté pour retrouver le sujet antécédent.

- dut : 17 % des erreurs (68,75 % d'erreurs).

- étaient : 43,75 % d'erreurs : peut-être faut-il envisager une prononciation inadéquate du e "ouvert" par le surveillant chargé de dicter le texte, dans la mesure de la fréquence de : les trois l' *été.

5. 1. 3. Comparaison avec les résultats de l'enquête de S. Roller(17).

Le travail du pédagogue suisse prend appui sur une enquête effectuée dans des classes genevoises à la fin de la dernière guerre mondiale.

Constatant, après le dépouillement d'une pré-enquête, qu'il existe une très forte différence entre la maîtrise des formes conjuguées à l'oral, et leur reproduction écrite sans failles(18) , il entreprend de dresser un inventaire statistique de la maîtrise des formes verbales, à partir de 551 phrases lacunaires dictées à quelque 2400 élèves (de la 5ème à la 8ème, soit, par rapport à la France, du C.M. 2 à la classe de 4ème). Bien entendu, il ne s'agit pas ici de l'analyse de l'ouvrage, mais de l'aide qu'il peut nous apporter dans la compréhension des cacographies de POMME. C'est dire que le long développement que mériterait l'ouvrage, ne prendra pas place ici.

 

5. l. 3. 1. Fréquence d'emploi des formes verbales.

 

S. Roller a cherché la fréquence d'emploi des formes verbales écrites à travers un recensement effectué sur des rédactions d'élèves, et des ouvrages de type scolaire(19).

Il peut être éclairant de mettre en regard les résultats de ses comptages, et la fréquence réellement observée dans POMME ; c'est l'objet du tableau ci-après :

 

  S. Roller POMME
Infinitif 19 % 20 %
Indicatif présent 42 % 20 %
Indicatif imparfait 11 % 13 %
Indicatif passé simple 3 % 26 %
Impératif présent 2 % 7 %
Temps composés, tous confondus 8 % 7 % (un plus-que-parfait)
Subjonctif présent - 7 %

 

Il va de soi qu'on ne tirera pas de cette confrontation des conclusions définitives, eu égard en particulier au caractère bien court de l'extrait que nous analysons ; on peut cependant avancer, sans crainte d'être démenti, qu'il est peu représentatif - pour l'ensemble de ses formes verbales, du moins - d'un texte destiné à être dicté à des élèves de C.M. 2.

 

5. l. 3. 2. Âge de maîtrise des verbes.

 

À la suite de son étude, et en référence avec le travail d'Aristizabal(20), Roller s'essaie à dresser un plan d'études concernant les verbes : appliquons-le à notre corpus :

 

- à étudier en C.M. 1 : avoir, être, donner, montrer, regarder.

- à étudier en C.M. 2 : servir .

- à étudier en 6ème : devoir, employer, faire, refaire.

- à étudier en 5èrne : résoudre.

 

Il ressort de cette confrontation que les exigences formulées à l'égard de nos élèves paraissent bien ambitieuses !

 

5. 1. 3. 3. Degré de maîtrise des formes verbales.

 

L'étude de Roller est surtout précieuse en ce qu'elle permet de mesurer le degré de maîtrise de telle ou telle forme verbale en fonction de l'âge du sujet. Prenons, à cet égard, l'exemple de :

Pomme dut les refaire entièrement (68,75 % d'erreurs dans le corpus), et comparons-le à la phrase lacunaire nº 81 de S. Roller : on dut le cacher pendant trois jours ; cette forme n'est maîtrisée qu'à 28 %, en 7ème année (5ème) !

Par ailleurs, on peut rapprocher la maîtrise à 94 % de : celle-ci est fausse, de la réussite, à 97 %, au niveau C.M. 2, de : cette pomme est bien mûre (phrase riº 68, de l'enquête de 1944) ; et encore la maîtrise à 90 % de : regarde donc, de la réussite à 90 %, au niveau C.M. 2, de la 2ème personne de l'impératif présent ; enfin de l'égale réussite (75 %) dans l'enquête suisse et dans notre corpus, dans la graphie du passé du participe : on avait donné.

En définitive, il appert que sur les 13 verbes de POMME, deux au moins n'auraient pas dû donner lieu à sanction ; et que, sur les quinze formes verbales, cinq au moins étaient statistiquement hors de portée d'enfants parvenus en fin de C.M. 2. Comptabilisons donc les cacographies effectuées à cette occasion :

 

- devoir : 11

- employer : 2

- résoudre : 3

- zigzaguer : 14

- elle fut : 3

 

[soit 33 erreurs sur 85 commises - près de 40 % d'erreurs sur 30 % des items]

 

En effet, Roller établit un programme d'acquisition d'après les réussites constatées. Les formes de POMME relevaient :

 

- du CM1 : infinitif présent, indicatif présent et imparfait

- du CM2 : indicatif passé simple (1er groupe)

- de la classe de sixième : subjonctif présent, impératif

- de la classe de cinquième : indicatif plus-que-parfait

 

Comme pour la partie "usage", les dés étaient, ici, pipés : la partie "formes verbales" n'était pas notée sur 20, mais sur 12.

 

5. 1. 4. Formes verbales et dictionnaire de Juilland.

 

Reste que des items statistiquement à la portée de nos seize élèves ont été très mal réussis(21) ; c'est que, sans doute, comme nous l'avons déjà signalé, les difficultés lexicales paraissent empêcher toute réflexion concernant les accords. Observons à cet égard la gradation des erreurs dans les imparfaits :

 

- on avait : 6 % d'erreurs.

- les trois l'étaient : 44 % d'erreurs.

- les colonnes ... zigzaguaient : 88 % d'erreurs (14 erreurs).

 

Comme l'écrit Roller, "toute difficulté exceptionnelle dans une forme verbale tend à provoquer des fautes ailleurs qu'à l'endroit même où elle se trouve"(22).

Alors, consultons à nouveau le Dictionnaire de Juilland : nous constatons qu'un verbe n'y figure pas du tout, que cinq seulement sur les treize appartiennent à la liste des cent premiers mots (dont les fréquences cumulées atteignent 62,66% d'un texte courant) ; par ailleurs, que les formes fléchies présentes dans notre texte sont plus ou moins représentatives de leur fréquence d'occurrence au sein du verbe auquel elles appartiennent.

On peut, en effet, dresser le tableau suivant :

 

N
Verbe Rang Juilland Fréquence relative du verbe (%) Fréquence relative de la forme (%)
1
être 4 ème 2,47 est : 48,34 ; étaient : 1,86 ; fut : 1, 85
2
avoir (aux.) 11 ème 1,32 avait : 12,41
3
faire 38 ème 0,37 faire : 26,81
4
devoir 75 ème 0,15 dut : 1,73
5
donner 78 ème 0,15 donné : 17,13
6
regarder 200 ème 0,05 regarde : 9,36
7
montrer 107 ème 0,04 montra : 3,08
8
servir 283 ème 0,03 servent : 4,51
 
9
employer 783 ème 0,01 employa : 1,69
10
résoudre 1063 ème 0,009 résolve : 0
11
refaire 2427 ème 0,003 refaire : 38,8
12
fatiguer 3139 ème 0,002 fatiguer : 8,33
13
zigzaguer - 0,003 zigzaguaient : -

 

[Exemple de lecture du tableau : dans l'ensemble des occurrences de avoir, utilisé comme auxiliaire - 1l ème mot de Juilland - la forme [avait] totalise à elle seule 12,41 % des occurrences].

 

5-2. Les accords dans le genre.

 

Cinq items (celle-ci, fausse, la mienne, longue, toutes) auraient pu entraîner un maximum de 80 erreurs ; 4 seulement ont été commises (5 %). Cette partie paraît donc acquise.

 

5-3. Les accords dans le nombre (mots d'usage).

 

On compte 13 entrées pour 14 mots (divisions apparaissant deux fois) : 49 erreurs constatées ce qui traduit 21,87 % d'échecs ; ici, certes, les difficultés ne sont pas toutes surmontées. Les quatre entrées les plus cacographiques sont, par ordre décroissant :

 

- toutes : 20 % des erreurs

- bizarres : 18 % des erreurs

- colonnes : 12 % des erreurs

- chiffres : 10 % des erreurs

 

[soit 30 % des items, et 60 % des erreurs commises]

 

5-4. Comparaison Pomme / Les marrons(23)

 

 

La dictée étudiée par S. Roller renferme un certain nombre d'items semblables à ceux rencontrés dans Pomme, ce qui va nous permettre d'effectuer quelques comparaisons quant au rendement de nos élèves. Il s'agit, bien entendu,de comparer les cacographies de POMME à celles commises par les élèves suisses de 5ème année, donc de C.M. 2.

 

Les Marrons POMME
- ce/se
en ce moment : 66 % ; ce sont : 57 % jusqu'à ce que : 62,5 %
- Participe passé
un sac roulé : 68 % ; ils avaient organisé : 41 % on avait donné : 75 %
- à/a
les premiers à débusquer le gibier : 81 % à fatiguer : 44 %
et à l'abattre : 78 % à la maison : 56 %
à coups de cailloux : 81 % à Pomme : 63 %
- Impératif présent
regarde comme mon sac se remplit : 92 % regarde donc : 88 %
- Numéral invariable
Trois sous le kilo : 91 % Trois colonnes : 97 %
Les trois l'étaient : 100 %
- Présence d'un relatif
des troupes de gosses qui marchent : 84 % toutes les ruses qui lui servent : 25 %

 

Les résultats moyens paraissent comparables, mise à part une nette infériorité des scripteurs de POMME dans la distinction des homonymes grammaticaux a/à.

 

 

 


Notes

(0) Cf. aussi un exemple caricatural in D. Bartout et al., Lecture et Orthographe, A. Colin, 1977, pp. 94-95.
(1) Plus connu comme auteur du fameux Clochemerle...
(2) Si souvent dénoncée, et par exemple à propos de la collection Lagarde et Michard. cf. Cahiers pédagogiques, n° 178 (mai 1978), pp. 6-8.
Le texte d'A. Gide (cf. supra) est également tronqué (avec, de plus, des mots et des temps verbaux changés). En revanche, les deux coupures pratiquées dans l'extrait de P. Valéry (cf. supra) sont clairement indiquées et ne nuisent pas à l'intelligence générale du texte.
(3) Mais l'a-t-elle eu en mains ? Les consignes sont pourtant strictes, à cet égard : "Les textes qui figurent dans les manuels d'usage courant doivent être écartés" (cf. Annexe III).
(4) Les différences qui pourront être constatées d'un dénombrement à l'autre proviennent :
- du mode de comptage des occurrences : par exemple, jusqu'à ce qu' renferme 4 vedettes dans la figure 7, mais seulement une unité lexicale en regard de l'Échelle Dubois-Buyse (fig. 7-1).
- de la double prise en compte de certains items : par exemple étaient est relevé parmi les mots-outils, puis au niveau des formes verbales.).
(5) Article cité, p. 20.
(6) F. Wioland, "Estimation de la fréquence des phonèmes en français parlé", in Travaux de l'Institut de Phonétique de l'Université de Strasbourg, nº 4, 1972, pp. 177-204 (en tout, 154 631 phonèmes relevés, dont 77 702 par F. Wioland lui-même).
(7) Wioland a dépouillé entre autres, le Racine de Thierry Maulnier et Les Vrilles de la vigne, de Colette.
(8) Cf. Figure 8, n°s 8-1 et 8-2.
(9) Pour quelques unités, le recours au VOB, plus complet, a été nécessaire. On n'a pas compté dut, du verbe devoir, utilisé ici comme auxiliaire.
(10) Dans l'immense corpus (10.317.234 occurrences) constituant le Trésor de la Langue française, le verbe zigzaguer n'apparaît que 35 fois. Citons, à titre de comparaison, les 4697 occurrences de entièrement, les 3281 de bizarre, les 2867 de fausse, les 1660 de division et les 657 de habituellement.
< L'infinitif de résoudre relève d'une connaissance CM 2 (échelon 21), pas forcément son paradigme du présent du subjonctif.
(12) En particulier à cause du trait d'union : clin d'œil/coup d'œil, vs à-coups/coup-de-poing.
(13) In Orthographe : avec ou sans dictée, p. 40. Bibli. N. 6.
(14) Il s'agit d'une enquête sur le français parlé, dont la base est plus étroite (1 445 mots) que celle de l'échelle Dubois-Buyse ; 21 % des occurrences de Pomme, et 28 % de ses vedettes n'appartiennent pas au Français fondamental 1.
(15) L'expression est de Jean Vial.
(16) Et reformulée par Lambert, in Analyse des fautes d'orthographe d'usage (p. 98).
(17) La conjugaison française, Bibl. n°. 13.
(18) Sur 40 formes, 82 % sont acquises, à l'oral (par 75 % de l'effectif), mais seulement 35 % écrites sans erreur. Op. cit., page 45.
(19) Il serait intéressant de reprendre ses calculs à partir du dictionnaire de Juilland.
(20) "Détermination expérimentale du vocabulaire écrit...", Louvain, 1938.
(21) Mais restons cependant lucides : F. Ters (Orthographe et Vérités, p. 23) cite une étude de 1968 (Études et documents, nº 8) selon laquelle 24 % seulement des élèves de C.M. 2 auraient un "rendement normal".
(22) Ouvr. cité, p. 136.
(23) S. Roller, Les enseignements d'une dictée, pp. 17-18.

 

S. H., mai 1986

 

 

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Figures 7. Pomme : deux degrés de lemmatisation

 

à 6 les 6
ai 1 longue 1
au 3 lui 1
avait 1 maison 1
bizarres 1 me 1
ce 1 mère 1
celle 1 mienne 1
chiffres 1 moi 1
ci 1 monde 1
colonnes 1 montra 1
contre 1 œil 1
coup 1 on 2
cours 1 1
d 3 page 1
de 2 place 1
des 1 Pomme 4
devoirs 1 premier 1
divisions 2 problèmes 1
donc 1 qu 1
donné 1 que 2
dut 1 qui 2
elle 1 refaire 1
employa 1 regarde 1
entièrement 1 résolve 1
est 1 ruses 1
et 1 sa 2
étaient 1 séance 1
faire 1 servent 1
fatiguer 1 soir 1
fausse 1 son 1
fut 1 toutes 1
habituellement 1 travers 1
impression 1 trois 2
j 1 un 1
jusqu 1 une 2
l 2 zigzaguaient 1
la 2    

 

Figure n° 7 - Pomme/MF 29/04/86 20:46:14. - Soit 73 entrées pour 100 occurrences.

 

 

à 5 les 6
ai 1 longue 1
au 3 lui 1
avait 1 maison 1
bizarres 1 me 1
ce 1 mère 1
celle-ci 1 mienne 1
chiffres 1 moi 1
colonnes 1 monde 1
contre 1 montra 1
coup d'œil 1 on 2
cours 1 1
d 2 page 1
de 2 place 1
des 1 Pomme 4
devoirs 1 premier 1
divisions 2 problèmes 1
donc 1 que 2
donné 1 qui 2
dut 1 refaire 1
elle 1 regarde 1
employa 1 résolve 1
entièrement 1 ruses 1
est 1 sa 2
et 1 séance 1
étaient 1 servent 1
faire 1 soir 1
fatiguer 1 son 1
fausse 1 toutes 1
fut 1 travers 1
habituellement 1 trois 2
impression 1 un 1
j 1 une 2
jusqu'à ce que 1 zigzaguaient 1
l 2    
la 2    

 

Figure n° 7.1- Pomme/MF 01/05/86 06:52:39. - Soit 70 entrées pour 95 occurrences.

 

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Figures 8. Mots-outils de Pomme

 

à 6 l 2
ai 1 la 2
au 3 les 6
avait 1 lui 1
ce 1 me 1
d 3 moi 1
de 2 on 2
des 1 1
donné 1 qu 1
elle 1 que 2
est 1 qui 2
et 1 sa 2
étaient 1 son 1
faire 1 toutes 1
fut 1 un 1
j 1 une 2

 

Figure n° 8-1. Pomme/MF 29/04/86 20:46:14. - Mots-outils (32 m. o., représentant 54 % du texte)

 

Comparaison Liste Henmon mots-outils de Pomme

 

Mot-outil
Pomme
Liste Henmon
à, au, aux 9 (9 %) 2,15
aller 0 0,21
autre 0 0,17
avec 0 0,34
avoir 2 1,37
bien 0 0,28
bon 0 0,12
ce, cette, cet, ces 1 1,20
celui, celle 1 0,14
comme 0 0,25
dans 0 0,67
de, du, des 6 5,49
deux 0 0,18
dire 0 0,42
donner 1 0,14
elle, elles 1 0,80
en (prép) 0 0,63
en (pro.) 0 0,26
enfant 0 0,11
et 1 1,91
être (v.) 3 2,06
faire 1 0,45
femme 0 0,12
grand 0 0,20
homme 0 0,24
il, ils 0 1,36
je, me, moi 3 1,51
jour 0 0,12
le, la, l' 10 6,94
leur 0 0,26
lui 1 0,38
mais 0 0,37
même 0 0,21
mon, ma, mes 0 0,45
ne 0 1,05
notre 0 0,12
nous 0 0,40
on 2 0,39
ou 0 0,19
1 0,11
par 0 0,37
pas (adv.) 0 0,56
petit 0 0,17
plus 0 0,43
pour 0 0,32
pouvoir (v.) 0 0,19
prendre 0 0,12
quand 0 0,14
que (conj.) 0 1,28
que (pro.) 3 0,30
quelque 0 0,12
qui 2 0,76
sans 0 0,18
savoir 0 0,14
se 0 0,87
si 0 0,25
son (adj.) 3 0,89
sur 0 0,34
tout 1 0,61
tu, te, toi 0 0,17
un 3 1,85
venir 0 0,13
voir 0 0,21
votre 0 0,13
vouloir 0 0,15
vous 0 0,52
y 0 0,24

 

[Dans le texte Pomme, les mots-outils représentent 54 % ; dans le corpus dépouillé par l'équipe d'Henmon, 45,16 %]

 

Figure n° 8.2 - Comparaison Liste Henmon texte Pomme/MF occurrences.

 

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Inventaire du vocabulaire de Pomme (échelle Dubois-Buyse)

 

Nbre de mots
C. P.
C. E. 1
C. E. 2
C. M. 1
C. M. 2
6e
           
5
                                                                 
4
                                                                 
3
                *       *                           *            
2
                  *   *   *       *   * *   * *   *              
1
*         *   *     *         * *         *     *             * *
Échelons DB
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23
24
25
26
27
28 29 30 31 32 33

 

 

Figure n° 8.3 - Inventaire du vocabulaire du texte Pomme (mots-outils exclus).

 

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