Nous l'avons tant aimé (philéo)...

C'était fin 1965. À la télé (il n'y avait alors que deux chaînes, et la seconde n'avait qu'une année d'existence !) la première campagne présidentielle battait son plein. Le jeune candidat de la gauche ("Un Président jeune, pour une France moderne"), qui n'était pas encore permanent, fit sensation lors de son premier discours, en stigmatisant le régime autoritaire du général vieillissant (Le coup d'État permanent) et en martelant à plusieurs reprises, à propos des affaires de l'État : cela vous concerne, et cela vous regarde. Fort bien. C'est ce qui nous donne aujourd'hui un droit certain à l'inventaire, comme dirait cet autre de Sainte Gabelle. Car, de plus, nous ne sommes jamais allé à la soupe. Point à la ligne.
Le même disait encore avec superbe, le 16 mars 1978, "l'argent, partout l'argent ! Eh bien moi, je préfère tendre la main aux travailleurs plutôt qu'aux maîtres de l'argent. Voilà la vérité". Hum. On sait ce qu'il en est advenu : l'ami de Roger-Patrice Pelat et de René Bousquet a tendu beaucoup de mains... Alors, il est sans doute salutaire de verser un peu d'anti-mythes. Ce qui ne m'empêche pas de lire avec quelque sympathie des ouvrages modérément hagiographiques, comme celui, chaleureux - Mitterrand, Jospin et nous - que Jean Glavany a fait paraître chez Grasset, en 1998.

 

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