Vladimir Konstantinovitch Boukovski, dissident soviétique

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Ou : je n'ai jamais réussi à comprendre les socialistes

 

Vladimir Boukovski devint un "célèbre" dissident soviétique lorsque le général Pinochet suggéra (mi-décembre 1973) sa libération en échange de celle de Luis Corvalan, secrétaire général du Parti communiste chilien.
Ces lettres d'un résistant russe aux Occidentaux ont fait un certain bruit, puis l'Occident est retourné à ses illusions. Il y a pourtant, dans l'ouvrage de Vladimir Konstantinovitch Boukovski, plus d'une page appelée à titiller nos tartuferies. Tartufe en chef, Simone de Beauvoir, qui s'était adressée ainsi, en 1981, à Boukovski :"Vous n'avez pas le droit de détruire les illusions des jeunes qui attendent beaucoup du socialisme". On croit rêver...
Quoi qu'il en soit, l'ouvrage de Boukovski (certains se souviennent peut-être de son passage à "Apostrophes", début juin 1981) n'a rien perdu de sa force démonstrative. Et les fomenteurs de grèves à répétition pourraient y prendre d'utiles leçons, pour le cas où leurs idées viendraient, par malheur, à triompher].

 

Ayant vécu dans un pays où l'hostilité à l'égard du monde environnant est la philosophie officielle, où chaque écolier sait que la guerre (chaude ou froide) contre les pays "capitalistes" est conduite sans répit, nous sommes frappés par la quiétude insouciante de l'Occident, cet état d'esprit à la limite de la légèreté. Aussi bien informés que nous ayons cru l'être sur la vie occidentale, nous ne pouvions imaginer cela. Quand on constate cet état d'esprit chez l'homme de la rue, cela étonne. Quand il s'agit d'hommes d'État, on commence à avoir peur.

Essayez de comprendre quel genre d'hommes ils sont, me conseillaient mes amis. Avec ton acquis de bagnard, essaye de trouver à quel genre d interrogatoire ils auraient craqué.

Je crains que les connaissances que j'ai acquises sur les hommes ne m'aient pas été, en l'occurrence, d'une grande utilité. Mes interlocuteurs n'avaient pas d'interrogatoires à craindre, et d'ailleurs la personnalité compte peu dans la politique moderne. Ce sont des appareils monstres qui fonctionnent à l'Est et à l'Ouest. Par la suite, j'ai rencontré des adjoints, des conseillers, des sénateurs et des membres du Congrès, ainsi que leurs états-majors. Mes conclusions n'étaient nullement optimistes. Ces gens avaient reçu une meilleure instruction que leurs homologues soviétiques, ils étaient incontestablement plus humains. Mais, de toute évidence, ils n'avaient pas l'expérience soviétique de la lutte pour survivre, lutte féroce qui se rit de toute morale.

En U.R.S.S., tout fonctionnaire d'un certain rang doit, avant de conquérir le poste qu'il occupe, noyer plusieurs dizaines de concurrents, sinon enjamber des cadavres, assimiler toutes les lois de la bassesse et de la perfidie. Nous sommes souvent stupéfaits de voir nos leaders soviétiques, sachant à peine lire et écrire, sans la moindre culture générale, souvent incapables de parler un russe correct, réussir à gouverner un immense empire et à terroriser le monde entier. Il n'y a là aucune énigme ; ce n'est pas la peine de chercher des éminences grises. Les leaders soviétiques n'ont, en réalité, besoin ni d'instruction ni de culture. Ces qualités ne pourraient que les gêner. Psychologiquement, typologiquement, ce sont des criminels, et la ruse et l'expérience sont les conditions de leur succès. Un "caïd" n'a nul besoin d'avoir lu Tolstoï ou Shakespeare pour terroriser la population de tout un camp. Cinquante ans de relations entre les pays démocratiques et l'U.R.S.S. reproduisent avec une fidélité frappante le tableau des rapports existant entre les "demi-sel" et les "caïds". Les premiers se faisant systématiquement gruger et piller dans les prisons de transfert.

Il y a en Occident une propension inouïe à l'exagération, la moindre anicroche prend des allures de catastrophe. Loin de moi l'idée d'imiter les Occidentaux et d'en rendre la presse responsable. Les journaux ne font qu'assouvir la soif de sensations de leurs lecteurs. Comme on dit chez nous, pourquoi s'en prendre au miroir si l'on a le visage de traviole ? Mais l'Occidental est sans doute fait de telle sorte qu'il ne se reproche jamais rien à lui-même. Cette idée lui paraît sacrilège, à la limite du complot contre la démocratie. Personne ne veut se rendre compte que la bonne moitié des "crises" sont dues à cette simple raison.

Étonnante faculté que l'homme a de projeter ses maux intérieurs dans le monde environnant, puis d'exiger une refonte de l'univers ! Tout comme un chiot qui guerroie avec sa queue. Celui qui souffre d'un complexe d'infériorité crie à la discrimination, le paranoïaque se lamente d'être persécuté. Si je ne suis pas bien, c'est la faute de ceux qui m'entourent. Les thèses de chacune de ces deux sociétés sont diamétralement opposées : en U.R.S.S., l'homme a systématiquement tort, l'État toujours raison. Ici, l'homme est persuadé qu'il a le droit d'être toujours heureux. S'il tombe malade, c'est que les bien-portants lui doivent des comptes, si l'on est pauvre, ce sont les riches qui en sont coupables. Égocentrisme purement infantile, refus tout aussi infantile d'accepter la moindre limitation. Un jour, les étudiants de mon collège de Cambridge se mutinèrent, ils occupèrent les bureaux et organisèrent un sit-in. La raison : l'un d'entre eux avait été puni pour avoir été grossier avec le personnel du bar et interdit d'entrée pendant un mois. Les gens se seraient tordus de rire en U.R.S.S. Ces étudiants auraient été exclus de l'université en cinq minutes, incorporés dans l'armée et auraient ensuite passé le reste de leur vie "à s'aguerrir dans le chaudron ouvrier" sans avoir le droit de reprendre leurs études.

Je crains que la notion de droit ne soit ici encore plus sommaire que chez l'homo sovieticus. Par exemple, la Constitution des États-Unis prévoit le droit de rechercher son bonheur. Il est difficile d'imaginer ce que cela peut signifier. Le bonheur, comme on sait, est un état fugitif et il est des hommes qui en sont organiquement incapables. En revanche, il en est chez qui l'aspiration au bonheur ne peut les conduire qu'à un conflit avec la société. À supposer que le bonheur d'un homme consiste à tuer sa femme, devra-t-on lui en adjuger le droit ?

Cet immobilisme, cette passivité, cette certitude de recevoir une aide venue de l'extérieur nous étonnent énormément, car, dès notre enfance, on nous a inculqué en Union soviétique que la société ne nous doit rien, qu'au contraire nous lui sommes redevables de tout. Prenons par exemple le fameux problème du chômage. Si l'on appliquait en U.R.S.S. les critères occidentaux on recenserait autant de chômeurs qu'en Occident, sinon plus. Pour commencer, l'État soviétique refuse a priori l'existence même de la notion de chômage. Il n'existe aucune agence pour l'emploi où l'on puisse s'inscrire. Il ne viendrait à personne l'idée de verser des allocations aux sans-travail. Le fameux "droit au travail" promulgué en U.R.S.S. ne signifie nullement que l'on puisse prétendre travailler dans le métier que l'on a. Il s'agit du droit au travail, pas d'un droit à l'exercice de son métier. Si un ajusteur ne trouve pas une place dans sa branche, il n'a qu'à devenir tourneur, chauffeur, ouvrier du bâtiment, manutentionnaire, éboueur... Cela ne concerne personne, mais si vous restez trop longtemps sans travail, vous êtes convoqué à la milice où l'on vous intime l'ordre de trouver une situation, en vous rappelant que le parasitisme est un délit. Si, un mois plus tard, vous êtes toujours sans emploi, vous êtes bon pour deux ans de prison. Dans les camps, on trouvera toujours à vous employer à l'abattage du bois ou aux grands chantiers du communisme. Car en U.R.S.S., "ceux qui ne travaillent pas ne mangent pas".

Voyons maintenant ce que représente le chômage en Occident. Tout le monde peut s'inscrire au chômage, même si, en réalité, l'intéressé travaille. La vérification est très difficile. On indique soi-même son métier, ou l'on se réfère à ses emplois précédents. Il n'est pas important de savoir que vous avez pu être licencié pour incompétence. Par la suite, on vous fera des offres d'emplois dans la branche choisie, et il vous appartiendra de les accepter ou de les refuser. Cela peut durer des mois et des mois. Pendant ce temps, vous continuez à recevoir des allocations. Si les conditions du nouvel emploi que l'on vous propose sont moins bonnes que celles du précédent, vous êtes parfaitement en droit de le refuser. Il va de soi que l'on doit vous faire des offres d'emploi pour la région que vous habitez et non à l'autre bout du pays. Ajoutez à cela les jeunes sortant des écoles et qui viennent chaque année gonfler les rangs des chômeurs, les étudiants qui s'inscrivent au chômage pour la période des vacances, un certain nombre de parasites de métier qui n'ont jamais eu la moindre velléité de travailler et vous comprendrez ce que représente le chômage en Occident. Maintenant, dites-moi où se trouve le socialisme, comment on peut le distinguer du capitalisme ?

Il importe peu de savoir qui est au gouvernement, les socialistes ou un autre parti. Le processus de socialisation se déroule avec une incroyable rapidité, car le socialisme est devenu partie intégrante de la mentalité occidentale, il s'est assimilé aux tissus vivants du monde moderne. Il suffit de lire les journaux, de quelque tendance que ce soit, pour s'apercevoir que désormais les entreprises n'existent plus pour produire. Leur principale raison d'être est de créer des emplois. L'entreprise peut ainsi se permettre de ne pas être productive, ou de ne sortir que de la camelote.

Il n'y avait là pour moi rien de bien nouveau. Quand j'étais en prison, j'avais lu une fois dans les journaux que des ouvriers, quelque part en Europe, avaient occupé leur usine parce que leur patron avait l'intention de la liquider. Elle ne faisait plus de profits. Le patron ayant porté plainte, la police déclara qu'elle n'avait pas à se mêler de cette affaire, car il n'y avait pas de délit. Je n'en croyais pas mes yeux. Ainsi, lorsqu'un voleur vous fait les poches, c'est un crime, mais si l'on vous vole une usine, c'est dans l'ordre des choses. Plus tard, je faisais part de ma perplexité à un jeune diplomate que l'on ne pouvait soupçonner d'être pro-socialiste. "Vous ne comprenez donc pas, me répondit-il, il s'agit des emplois de ces ouvriers, de leur lieu de travail. Cela leur donne tous les droits".

Cette explication ne me parut pas satisfaisante, et je continue toujours à ne pas comprendre cette étrange logique. Si une femme de ménage vient travailler chez moi une fois par semaine, a-t-elle le droit de disposer des lieux ? Peut-elle occuper mon appartement et refuser de s'en aller si, pour une raison ou pour une autre, je dois renoncer à ses services ? La police dirait-elle encore qu'il n'y a pas de délit, qu'il s'agit d'un simple conflit du travail ?

Il serait vain de chercher de la logique dans tout cela. La logique cesse d'exister là où commence l'idéologie, en l'occurrence, l'idéologie socialiste. Bref, de toutes les justifications que nous nous trouvons, délibérément ou inconsciemment, les idéologies de masse sont les plus méprisables. Elles font de l'humanité un troupeau de moutons. Et de toutes les idéologies de masse, le socialisme est la plus dangereuse, car elle libère l'homme de toute responsabilité. Par exemple, ce serait malgré lui que l'homme deviendrait alcoolique, drogué ou bourreau. C'est la société, le milieu social qui en sont tenus responsables.

Je ne comprends pas pourquoi Marx a décidé de but en blanc que les ouvriers sont enclins aux révolutions, que "le prolétariat n'a rien à perdre sauf ses chaînes". Bien au contraire, cette couche de la société est la plus inerte, elle cède facilement ses libertés pour se sentir sécurisée.

Le mouvement ouvrier, très orageux à ses débuts, a conduit à la création de l'État-Providence. Une répartition bien plus équitable des richesses a été obtenue, tout un système de garanties sociales mis en place. Pratiquement parlant, le socialisme, dans la mesure où il est humainement possible, a été construit en Occident. Cela a entraîné certaines conséquences regrettables. L'efficacité de l'économie, la qualité du travail ont eu à en souffrir, le système économique dans son ensemble a été déstabilisé. Le travail en tant que tel, surtout s'il est automatisé à l'extrême comme dans la société industrielle moderne, n'est nullement un plaisir. L'apparition d'éléments très importants de socialisme et de garanties sociales a supprimé toute motivation. Que l'on travaille bien ou mal, ou pas du tout, votre niveau de vie n'en est pratiquement pas affecté.

L'égalité est un état artificiel qui demande à être constamment entretenu d'une manière artificielle. Les hommes ne sont pas égaux par définition. Aussi le maintien de l'égalité coûte-t-il des sommes immenses, c'est un très lourd fardeau sur les épaules de ceux qui travaillent, des plus doués. Ce principe ne fait que dépraver encore plus les fainéants, contribue à l'apparition du climat de parasitisme dont j'ai déjà parlé. Une force organisée est indispensable pour entretenir cette égalité, et cette force manifeste dans la société des tendances dominatrices, aspire à échapper à tout contrôle.

Comme toute institution sociale, elle a tendance à mener une existence indépendante des problèmes qui l'ont engendrée, à poursuivre des objectifs qui ne sont déterminés que par le fait même de son existence. Cela s'applique à la bureaucratie en plein essor, à la bureaucratie des syndicats en particulier. Nous oublions que le socialisme, en vertu même de ses principes, ne se consacre pas à la protection des droits de l'individu. Au contraire, conformément à cette idéologie, les intérêts de l'homme sont sacrifiés à ceux du bien commun. Si les syndicats occidentaux sont indépendants de l'État, on ne saurait les considérer comme libres, car l'homme n'est pas libre de décider d'y adhérer, ou de ne pas y adhérer, il devient dangereux de voter contre une grève proposée par la direction syndicale. Bref, l'homme sacrifie de plus en plus sa liberté à la sécurisation.

Paradoxalement, l'homme n'obtient ni le bien-être ni la sécurisation. Bien au contraire, car le système est tout, sauf stable. L'économie est sur une pente glissante, le niveau de vie est en train de chuter. L'entreprise se trouve prise entre deux feux, fait faillite, puis, pour sauver les emplois, il ne reste plus qu'à la nationaliser, ce qui revient à la réduire à un état de carence et de non-rentabilité chroniques. L'État n'a que la solution d'alourdir la fiscalité, c'est-à-dire de saper la rentabilité des entreprises restées saines.

Certains lecteurs pourraient conclure que je prends au sérieux tous ces "ismes", voire que je me fais l'avocat du capitalisme que je considérerais comme une panacée. Cela est tout à fait faux. Je vois simplement autour de moi que le socialisme suscite d'immenses sympathies ; qu'il est pris pour un bien. Au fond, personne ne sait au juste ce qu'est le socialisme. Il y a autant de socialismes que de socialistes. Je suis très perplexe quand je vois par le monde tant de gens persuadés qu'il est possible de résoudre tous les problèmes par un simple remaniement des structures sociales.

Il est possible d'abolir l'argent, de détruire les objets de luxe, de soumettre à un rationnement draconien les produits d'alimentation et les objets de première nécessité, il est possible de faire vivre toute l'humanité dans des baraquements rigoureusement identiques, de répartir au sort les maris et les femmes, bref il est possible de réduire l'humanité à un état animal en voulant obtenir l'égalité à tout prix. C'est une entreprise vouée à l'échec. L'homme trouvera toujours le moyen de sortir du rang, fatalement les hommes conviendront d'une valeur ou d'un bien qui ne pourrait être réparti à part égale entre tous et qui sera à la source de l'inégalité. Le seul et unique résultat de cette monstrueuse expérience serait d'engendrer une inégalité et une corruption sans précédent, car dans ces conditions le moindre des privilèges serait perçu comme une inégalité révoltante. Il ne saurait être question de fraternité. La police secrète a besoin d'effectifs astronomiques pour maintenir un nivellement de ce genre.

Les Occidentaux préfèrent éviter de réfléchir à l'expérience soviétique, ils évitent de l'analyser. On estime que c'est un modèle "altéré", impur. Absolument pas. La direction soviétique a toujours agi conformément à la théorie, dans les intérêts des travailleurs. Nos leaders avaient simplement plus de suite dans les idées que ceux qui les avaient précédés ou qui ont suivi leur exemple. Les échecs ne les faisaient pas désespérer, au contraire ils réagissaient en adoptant une ligne encore plus orthodoxe. Je crois que seuls les Khmers rouges ont fait preuve d'une obstination encore plus grande, mais leur règne a été bref. Les résultats obtenus en U.R.S.S. sont bien plus intéressants. En soixante-deux ans d'existence, le pouvoir soviétique n'a pas réussi à éteindre l'instinct de propriété, quoique les véhicules de cet instinct aient été exterminés physiquement ou continuent à être persécutés. Cet objectif est aussi difficile à atteindre que d'essayer de détruire tous ceux qui ont le nez camus ou les yeux bleus. Au contraire, l'instinct de propriété s'est manifesté avec une intensité inusitée précisément chez ceux qui, semble-t-il, devaient être immunisés. L'expérience soviétique a permis une conclusion tout à fait inattendue : nous avons pu constater que les biens, la propriété, ne sont nullement une valeur matérielle, mais au contraire spirituelle. Pour l'immense majorité, c'est plus exactement un moyen d'expression, de réalisation de soi. On ne peut s'attendre à ce que le grand nombre trouve sa réalisation dans les arts ou les sciences, il faut, enfin, comprendre tous ceux que ces occupations n'intéressent pas. D'ailleurs, même parmi les artistes et les chercheurs, il est rare de trouver des fanatiques qui n'ont besoin de rien, qui se contentent du seul exercice de leur métier.

Je doute que, parmi tous les jeunes qui partent à l'assaut des centrales nucléaires au nom du socialisme, il s'en trouve un seul qui se rende compte de l'incompatibilité entre la foi en l'équilibre écologique et le socialisme, qui sache que l'idée du socialisme est entièrement contre nature, qu'elle se fonde sur la soi-disant possibilité pour l'homme de reconstruire le monde, de corriger les imperfections de la nature.

Jamais je n'ai réussi à comprendre les socialistes. Seul quelqu'un qui vit de fantasmes et non de l'observation réelle de l'être humain peut croire que les hommes sont égaux (ou aspirent à l'être). Même des jumeaux vrais qui ont été éduqués et formés ensemble ne sont pas tout à fait égaux. Et puis, pourquoi aspirer à l'égalité ? Serait-il intéressant de vivre dans un univers d'êtres qui soient tous pareils ? Pourquoi faut-il avoir des réactions aussi maladives face à l'inégalité matérielle ?

 

© Wladimir Boukovski, cette lancinante douleur de la liberté, Laffont, 1981, 248 p.

 


 


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