Brèves notes à propos de l'Islam (2)

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[Suite des "Brèves notes"]


"Les hommes ont fait trois grandes tentatives religieuses... Séparés par l'intervalle approximatif d'un demi-millénaire, ils ont conçu successivement le bouddhisme, le christianisme et l'Islam ; et il est frappant que chaque étape, loin de marquer un progrès sur la précédente, témoigne plutôt d'un recul". Cl. Lévy-Strauss, Tristes tropiques, éd. 10/18, 1955, p. 368.

 

 

II. La charia incomprise ?

 

"Il est exclu de couper la main du voleur dans un État qui ne donne pas à ce dernier les moyens de vivre dignement". Hani Ramadan

 

Sous le titre "La Charia incomprise", le journal Le Monde a publié, dans son édition du 10 septembre 2002 (pour célébrer l'anniversaire de la tragédie du World Trade Center ?) une ahurissante défense et illustration des pratiques les plus injustifiables accolées à l'Islam. L'auteur de cette impérissable contribution à la pensée moderne, un intellectuel de haut niveau, Hani Ramadan (alors enseignant de français, et directeur du Centre islamique de Genève), tout en se défendant d'un "fanatisme aveugle", commence ainsi : "En Occident, qui voit dans l'application de la charia un retour à des règles moyenâgeuses, les condamnations à mort de Safiya et Amina au Nigeria ont soulevé un tollé. Doit-on comprendre que les musulmans, convaincus du bien-fondé des règles divines, sont des barbares, des coupeurs de mains sanguinaires et des assassins ?"

Rien que cela. Il se lance aussitôt dans une violente diatribe vis-à-vis de l'État d'Israël - c'est classique chez les arabo-musulmans - et de son comportement terroriste (Feu Jospin avait donc complètement tort, et mérita sa lapidation, le jour où il se laissa aller à parler, dans une université "palestinienne" payée par la France, du terrorisme palestinien ?), et estime que les "partisans invétérés des Lumières" (c'est-à-dire vous et moi, et j'estime qu'il nous fait beaucoup trop d'honneur !) propagent "une vision caricaturale de la civilisation musulmane". Bon, il parle naturellement d'Israël, mais oublie de mentionner les massacres, déportations et autres gazages de son héros (on peut le supposer) Saddam Hussein, à l'encontre des Kurdes (rien qu'en mars 1988, environ 10 000 gazés). Un simple oubli, sans doute. Passons donc.

Et notre Ramadan de poursuivre ainsi : "Les peines concernant le vol et l'adultère ne peuvent être appliquées que dans une société où sont protégées les normes et les valeurs islamiques. Il est exclu de couper la main du voleur dans un État qui ne donne pas à ce dernier les moyens de vivre dignement". Faut-il vous l'envelopper ? Cela signifie tout simplement que les États dits capitalistes ne donnent pas à leurs ressortissants "les moyens de vivre dignement". En revanche, il va de soi, car chacun le constate quotidiennement, que les immenses revenus que le pétrole procure à nombre d'États arabo-musulmans profitent exclusivement à la dignité des personnes ; niveau de vie, éducation, démocratie, toutes les composantes de l'élémentaire dignité - selon, du moins, les "partisans invétérés des Lumières" - sont présentes dans les dits États. Ramadan va même plus loin, et cette fois c'est en donnant dans un comique involontaire : "La lapidation prévue en cas d'adultère n'est envisageable que si quatre personnes ont été des témoins oculaires du délit". Ainsi donc, chaque fois que cette peine est appliquée, c'est que l'adultère s'est déroulé sous les yeux de quatre personnes, tenant la chandelle... On croit rêver, surtout que Ramadan avoue sans sourciller que ces peines ont "surtout une valeur dissuasive"... Valeur que les jeunes Safiya et Amina n'ont sans doute pas su apprécier à sa juste mesure... Ce que ne nous explique malheureusement pas notre professeur de français, c'est pourquoi la femme est seule lapidée, et pourquoi l'homme peut avoir, selon sa fortune, un nombre assez impressionnant d'épouses... Ramadan reconnaît cependant que "la rigueur de cette loi est éprouvante pour les musulmans eux-mêmes. Elle constitue une punition, mais aussi une forme de purification. Il est interdit d'insulter le coupable. Après sa mort, on prie pour lui".

Bon sang, mais c'est bien sûr ! Ainsi, un passage de l'ouvrage d'Oriana Fallaci, qui m'était jusqu'ici demeuré obscur, s'éclaire soudain : "je vais te raconter l'histoire des douze jeunes impurs (ce qu'ils avaient fait d'impur, je ne l'ai jamais su) qui après la guerre du Bangladesh furent exécutés à Dacca. Ils furent exécutés dans le stade sportif, à coups de baïonnette dans le thorax et le ventre, et sous les yeux de vingt mille fidèles qui assis dans les tribunes applaudissaient au nom d'Allah. « Allah Akbar, Dieu est grand, Allah akbar. » [...] Après les douze jeunes impurs ils tuèrent un enfant de douze ans qui s'était jeté sur un corps en pleurant mon-frère, mon-frère. Ils lui éclatèrent la tête à coups de talon [...]. Après le carnage, les vingt mille fidèles (dont beaucoup de femmes) abandonnèrent les tribunes pour se rendre sur le terrain. Mais pas d'une façon désordonnée et débraillée et rapide, remarque bien : d'une façon réglée, calme, solennelle. Lentement ils formèrent un cortège. Lentement ils se rendirent au centre du terrain. Et psalmodiant sans cesse Allah Akbar-Allah Akbar, ils passèrent sur les cadavres. Ils les réduisirent à un tapis d'os broyés". Donc, le tapis d'os broyés, que décrit Fallaci, ce n'était nullement une insulte faite aux suppliciés, c'était tout simplement une manière comme une autre de prier pour eux !

Est-ce donc un rêve, ou un cauchemar ? Je pencherais plutôt vers cette seconde hypothèse, car le professeur genevois (d'origine égyptienne, mais de nationalité helvétique) en vient alors à nous demander "un effort de réflexion" et risque une comparaison à laquelle beaucoup n'auraient pas songé : "la mort lente d'un malade atteint du sida est-elle moins significative que celle d'une personne lapidée ?". On voit où il veut en venir : c'est Dieu qui envoie des fléaux pour punir les hommes. Et le sida est un fléau envoyé à ceux qui ont transgressé la loi divine. Certes, certes, cela est bel et bon. Il me semble cependant que cette pandémie a très largement gangrené l'Afrique, et en particulier ses États musulmans. Encore un oubli, sans doute, de la part de Ramadan, mais quelle importance, puisqu'il se montre ô combien magnanime : "l'éthique musulmane nous prescrit de soutenir le malade du sida dans l'épreuve qu'il subit, et [...] l'islam a encouragé la recherche médicale".

À la bonne heure ! Les malades du sida ne seront pas lapidés ! Cependant, il nous avait échappé que la recherche médicale musulmane avait fait avancer fût-ce d'un iota la lutte mondiale contre les maladies et apporté des remèdes à l'humanité : bon sang, que ne nous en a-t-il dressé la liste exhaustive ? Oubliant aussi ce détail, Ramadan termine en déniant aux Occidentaux "le droit de reprocher" aux Musulmans leur foi en la Charia. Certes, cela s'apparente davantage à une déclaration de guerre, méprisante qui plus est, qu'à une "libre opinion" (défendre la lapidation, comme l'a fait remarquer quelqu'un, ce n'est pas une opinion, c'est un crime. Mais après tout, toujours en France, les cas d'ablation du clitoris, quand ils sont portés - si rarement - devant la justice, ne sont que mollement sanctionnés. Ce n'est donc, comme la défense de la lapidation, pas un crime). Maintenant, risquons une supposition. Supposons que Monsieur Durand, franchouillard professeur d'arabe au Caire, à Bagdad, à Beyrouth, à Riyad, à Damas, à Sanaa, à Tripoli, à Abuja ou bien où vous voudrez, publie dans le grand quotidien local, Al Djihad, une "opinion" dénonçant avec hauteur les pratiques sauvages de la Charia, et montrant la grande supériorité des "Lumières", voyez-vous ce qui se passerait - naturellement, si l'on accepte la folle hypothèse, pour reprendre l'expression de Maxime Chastaing, de la possibilité d'une telle publication. Oh, je vous vois ricaner, méchants que vous êtes, et parler de l'analphabétisme endémique de ces pays-là. Bon, admettons la sottise de ma supposition. Surtout quand on connaît le sort réservé aux minorités chrétiennes (par exemple) dans les pays musulmans. Ou quand on se rappelle le tragique destin de l'éphémère République (à majorité chrétienne) du Biafra, dans les années soixante... Et il y aurait tant d'autres exemples !

Reste que c'est bien un cauchemar : se profile, malgré que nous en ayons, une guerre de religion, et une guerre de civilisation. Et c'est aussi un signe : publié sans "chapeau" d'introduction dans Le Monde, comme s'il se fût agi par exemple d'une contribution syndicale sur l'avenir des retraites, cet article est un élément de plus dans le martèlement du mythe de l'innocence arabe, pour reprendre l'expression d'Alain Finkielkraut. Mais allons plus loin : Ramadan a pu nous choquer, nous Français. Les choses se sont arrêtées là. Au lieu qu'en Suisse, sitôt après la publication de l'article (dans un journal genevois), Ramadan a été suspendu de ses fonctions d'enseignement et une enquête a été ouverte pour provocation publique au crime ou à la violence. J'en tire une sombre conclusion : nous Français, sommes des consciences habituées, pour ne pas dire lâches. Hier nous n'avons pas bronché devant les élucubrations, et je suis gentil, d'un Ramadan. Aujourd'hui, nous sommes 30 % et davantage à souhaiter la victoire de Saddam Hussein. Combien sommes-nous, à participer à de soi-disant marches pour la paix, orchestrées par des islamistes qui ne prennent même pas la peine de se cacher pour brailler leurs slogans antisémites ? Je viens de lire un lumineux et courageux article d'une ancienne Ministre, Corinne Lepage, intitulé la France du déshonneur. La France de la honte, la France du déshonneur : c'est bien cela.

 

 

III. Les livres d'école "palestiniens"

 

"Les cœurs arabes sont voués à la Palestine ; ils attendent le jour où ils seront capables de la libérer, d’expulser le voleur agresseur et de revenir à Jérusalem". [Notre langue arabe, niveau 2 (enfants de sept ans), Livre du maître. En usage dans toutes les écoles sous le contrôle de l'Autorité palestinienne].

 


Lessons to be learned… One must beware of the Jews, for they are treacherous and disloyal” [“Islamic Education for Ninth Grade”  # 589 p79].

The Jews … have killed and evicted Muslim and Christian inhabitants of Palestine, whose inhabitants are still suffering oppression and persecution under racist Jewish administration” [Islamic Education for Ninth Grade #589, p. 182].

 

Mon attention a été de longue date attirée par une courte chronique publiée dans Le Monde (13 février 2001, p. 37), chronique qui résumait un récent numéro de l'Arche, mensuel du judaïsme français. Ce numéro, intitulé "Les Palestiniens éduquent-ils leurs enfants à la paix ?" n'est, en réalité, nullement dû à la plume de Juifs enflammés contre les "Palestiniens" : il ne fait que rendre compte d'une étude publiée par le Center for monitoring the impact of Peace (CMIP - imparfaitement traduit Observatoire de l'impact de la paix), organisation non-gouvernementale new-yorkaise, créée en 1998, dont l'objectif est de "promouvoir les relations pacifiques entre les peuples et entre les nations, en encourageant la tolérance et le respect mutuel fondés sur le rejet de la violence comme moyen de résolution des conflits" ("Its purpose is to encourage the development and fostering of peaceful relations between peoples and nations, by establishing a climate of tolerance and mutual respect founded on the rejection of violence as a means to resolving conflicts"). Ce CMIP se demande, au début du rapport (l'édition que j'ai sous les yeux est datée de mars 2001) analysé par les collaborateurs de l'Arche, s'il est possible d'établir et de maintenir un climat pacifique lorsque les pays (directement concernés par un conflit) sont appelés, depuis la plus tendre enfance, à se méfier des autres pays, reçoivent une image négative et haineuse de leurs voisins et sont conduits à s'identifier presque exclusivement avec les héros incarnant le culte de la force et le recours à la violence (Is it possible to establish and maintain a climate of peace when the countries and communities directly concerned are being taught from early childhood to beware of other peoples and communities, receive a negative and hateful image of their neighbors, and are led to identify almost exclusively with heroes embodying the cult of force and the resort to violence ?). La réponse, naturellement, semble aller de soi, chacun en conviendra. Mais là où les opinions commenceront à diverger, c'est lorsqu'on ajoutera que cette question vise, en réalité, la pratique "éducative" de l'Autorité palestinienne, telle que l'a observée le CMIP, en analysant 140 manuels scolaires (destinés aux élèves de sept à dix-sept ans, et en usage dans toutes les écoles palestiniennes - environ 700 000 enfants, dans 550 écoles) publiés sous l'égide du Ministère de l'éducation de la dite Autorité.
Cette analyse scrupuleuse et très fouillée (même si je ne méconnais pas un certain nombre de critiques adressées à cette organisation), met en évidence de nombreux faits, tous plus effrayants les uns que les autres, dont nous allons rapporter quelques exemples. Effrayants, certes, mais qui n'étonneront en tous cas pas les spectateurs (trop peu nombreux) du courageux film de J. Tarnero et Ph. Bensoussan, Décryptages. C'est donc avec raison que l'Arche, dans un commentaire particulièrement mesuré, indique qu'on "empoisonne l'âme des enfants", ou encore que Paul Giniewski titre sur "L'enseignement de la haine dans l'Autorité palestinienne". On peut ajouter que dans n'importe quel pays non-musulman, européen en particulier, un tel enseignement tomberait sous le coup des lois réprimant l'incitation à la haine raciale (je laisse prudemment de côté le cas de la Turquie, pays musulman ayant l'ambition de rejoindre l'Europe : les Kurdes, les Arméniens, me comprendront - et je ne remonte pas jusqu'à l'Empire ottoman). L'ennui, et j'anticipe un peu, c'est que ces manuels sont imprimés, entre autres aides, avec de conséquentes subventions de la Communauté européenne (l'Union Européenne attribue chaque année 20 millions d'Euro à l'Autorité Palestinienne dans le cadre des aides européennes dans le système "éducatif" palestinien.)...

Le vocabulaire récurrent ("Abusive terminology" selon le CMIP) de ces manuels palestiniens est particulièrement agréable et choisi : Juifs et Israéliens sont des fourbes, des imposteurs, des traîtres, des déloyaux, des animaux sauvages, des agresseurs, des bandits, des ennemis, des conquérants, des détrousseurs ; ce sont des ennemis des prophètes et des croyants (sic) [cunning, deceitful, treacherous, disloyal, wild animals, jewish aggressors, robbers, locust, thief, enemy, thieving conquerors, thieving enemy, enemy of prophets and believers].

Quant aux exercices proposés, le moins qu'on puisse en dire, c'est qu'ils sont "militants" : en voici quelques exemples.

Ajoutez le mot juste :

Ils, il, elle______ est le commandant des forces musulmanes pour la conquête de Jérusalem.

(Notre langue arabe, niveau 2, deuxième partie - élèves de sept ans)

Le maître doit exposer brièvement une réflexion sur la Palestine, par exemple :

Les cœurs arabes sont voués à la Palestine ; ils attendent le jour où ils seront capables de la libérer, d’expulser le voleur agresseur et de revenir à Jérusalem.

(Livre du maître, Notre langue arabe, niveau 2 - élèves de sept ans)

Faire une phrase avec les mots suivants :

… meurt en martyr, défendre, notre héros, la patrie…

Notre langue arabe, niveau 3, première partie, pp. 8-9 - élèves de huit ans)

Objectifs spécifiques :

3.b. La libération de Jérusalem et sa protection sont un devoir sacré.

4. [L’élève] doit développer son amour pour Jérusalem et son désir de se sacrifier pour sa libération.

[Le maître] doit poser les questions suivantes :

b. Qui occupe Jérusalem aujourd’hui ?

c. Quel est notre devoir envers Jérusalem ?

Livre du maître, Notre langue arabe, niveau 3, pp. 130-131. - élèves de huit ans)

Développer [chez l’élève] le désir de protéger la patrie de la cupidité des envahisseurs.

Livre du maître, Notre langue arabe, niveau 3, p. 133. - élèves de huit ans)

Pour définir le mot "voleur", dire :

Un voleur est celui qui prend quelque chose aux gens contre leur volonté. Ici, le voleur est l’ennemi qui a pris la patrie.

- Que ferons-nous si l’ennemi tente d’en conquérir une partie ?

- Comment ferons-nous face à l’ennemi, et comment le vaincrons-nous ?

(Livre du maître, Notre langue arabe, niveau 3, p. 174. - élèves de huit ans)

Le fils : Qu’a fait le Messager de Dieu pour assurer la sécurité de la population ?

Le père : Le Prophète a tout fait pour que la société de Médine soit sûre et pacifique. C’est pourquoi il a conclu un accord avec les Juifs… Mais les Juifs, à leur habitude, ne veulent pas que les gens vivent en paix… et ils ont conspiré contre les Musulmans. Les Musulmans, cependant, étaient avisés, de sorte que les Juifs ont échoué dans leurs méchants complots. Les Musulmans, sous la direction du Prophète, les ont punis par la mort et par l’expulsion.

Ce que j’ai retenu de cette leçon :

- Sacrifier sa vie et ses biens pour Allah et pour la patrie.

- Supporter les épreuves et croire dans les décrets d’Allah et dans le destin qu’Il a déterminé.

- Les Juifs sont traîtres et déloyaux.

(Éducation religieuse islamique, niveau 4, pp. 44-45 et 55. - élèves de neuf ans)

La traîtrise et la déloyauté sont des traits de caractère des Juifs ; c’est pourquoi il faut s’en méfier.

(Éducation religieuse islamique, niveau 4, p. 87. - élèves de neuf ans)

Ce que j’ai retenu de cette leçon :

Je crois que les Juifs sont les ennemis du Prophète et des croyants.

(Éducation islamique, niveau 4, deuxième partie, p. 67. - élèves de neuf ans)

Étude du poème : " Vive la Patrie ", par Mouhammad Mahmoud Sadiq :

Ô mon pays, ma terre, j’offrirai mon sang pour toi.

Je t’ai donné ma vie en sacrifice, accepte-la.

Notre langue arabe, niveau 4, deuxième partie, p. 91. - élèves de neuf ans)

Sache, mon fils, que la Palestine est ton pays… et que sa terre pure est abreuvée du sang des martyrs.

(La carte qui accompagne ce passage contient, sous le nom de Palestine, la totalité du territoire israélien).

Questions pour la compréhension du texte :

4. Nommez quatre batailles glorieuses qui ont eu lieu sur la terre de Palestine.

7. Pourquoi devons-nous combattre les Juifs et les expulser de notre pays ?

Souvenez-vous : l’aboutissement final et inéluctable sera la victoire des Musulmans sur les Juifs.

(Notre langue arabe, niveau 5, pp. 64-67. - élèves de dix ans)

Exercice de grammaire.

Transformer le singulier en pluriel. Exemple : Martyr, martyrs.

(Notre langue arabe, niveau 5, p. 70. - élèves de dix ans)

Exercice de grammaire.

Analyser : Nous avons sacrifié martyr après martyr.

(Notre langue arabe, niveau 5, p. 74. - élèves de dix ans)

Dans la phrase suivante, trouvez le sujet et le complément :

Le Djihad est un devoir religieux de tout Musulman et de toute Musulmane.

(Notre langue arabe, niveau 5, p. 167. - élèves de dix ans)

Exercice de grammaire.

Transformer les phrases suivantes, du mode passif au mode actif :

- L’ennemi a été tué.

(Notre langue arabe, niveau 5, p. 167. - élèves de dix ans)

Écrivez cinq lignes sur les vertus des martyrs et leur statut supérieur.

(Notre langue arabe, niveau 5, p. 201.- élèves de dix ans)

Exercice de rédaction.

Why do the Jews hate Muslim unity and want to cause division among them ? Give an example of the evil attempts of the Jews, from events happening today”.  (Islamic Education for Seventh Grade #745, p. 19 - enfants de douze ans).

L'étude du CMIR ajoute que les mêmes thèmes apparaissent régulièrement à la télévision palestinienne ("These themes also appear regularly on PA television"). Paul Giniewski, dans l'article cité, est davantage explicite : "Cet enseignement scolaire se prolonge à la télévision palestinienne, par des programmes destinés à la jeunesse. Les enfants-héros y sont proposés en modèle. On entend par exemple une fillette de douze ans entonner cette chanson : "Je veux être une kamikaze. Je n'ai pas peur de la mort. La vie a peu de valeur. Mon peuple saura que je suis une héroïne".

Les jeunes Palestiniens ne sont donc pas des fanatiques par essence : ils sont fanatisés par une propagande qui n'a rien à envier à celle de Goebbels (certains manuels reprenant des citations de textes nazis, datant de 1938). Et la comparaison n'est pas innocente, puisque les manuels palestiniens n'hésitent pas à mettre sur le même plan sionisme et fascisme hitlérien ("La supériorité raciale est l'essence du sionisme et du fascisme-nazisme" ; "les étudiants doivent comprendre qu'il existe un lien entre nazisme, fascisme et sionisme" - Convaincre que "le sionisme est un exemple de nazisme, fascisme et racisme" est d'ailleurs un des objectifs "pédagogiques" assignés aux enseignants palestiniens, au même titre que démontrer que "le sionisme est une part de l'impérialisme européen") ; les mêmes manuels n'éprouvent par ailleurs aucun scrupule à demander aux élèves d'«expliquer pourquoi les Européens ont persécuté les juifs» !

Le fait que ces glorieux ouvrages soient directement payés par des subventions de la Communauté européenne n'est pas seulement un ennui : c'est une honte pour nos démocraties, coupables de savoir (les Commissaires européens, Chris Patten en tête, forcément savent. Ce dernier a même osé prétendre que "les livres scolaires ne vont pas changer la tragique réalité de la vie quotidienne dans les territoires palestiniens ou dans les camps palestiniens" !) et de ne rien dire. Et donc, de consentir à l'innommable.

Mais il convient d'ajouter que le CMIP a également entrepris une étude détaillée des manuels scolaires israéliens : il a constaté qu'aucun d'eux ne met en cause les Arabes, en tant que nation, ni n'appelle à la violence ou à la guerre. Encore un coup, certainement, des Juifs "traîtres, cupides et déloyaux"... Ou bien alors une réponse toute prête à une question candide posée aux élèves palestiniens de douze ans : "Citez, à partir des événements actuels, un exemple des efforts malfaisants des juifs"...

Trêve de plaisanterie, l'Arche estime avec raison que ce document est d’une "importance capitale". Comme le film Décryptages, plus encore que lui (car il ne s'agit pas, dans l'étude du CMIP, d'une quelconque interprétation, mais de faits présentés dans leur criante évidence), il nous contraint à porter sur les projets, sur la philosophie de l'Autorité palestinienne un regard qui devrait cesser d'emprunter à notre lâcheté bien connue : "comme d'habitude, nous ne ferons rien", pour reprendre la célèbre formule d'un ancien Ministre des Affaires étrangères. Et l'Arche de se tourner vers l'avenir, avec un accent d'angoisse : "Comment des enfants palestiniens élevés dans la conviction que les Juifs sont par nature traîtres et cupides, et qu’il est urgent de les expulser du pays, sauront-ils le moment venu tendre la main à des Israéliens de leur âge ? Comment l’appel au Djihad, l’invocation du sang, le culte de la mort et l’exaltation du martyre feront-ils place à un esprit de fraternité ou, pour le moins, de coexistence ?"

Et pourtant, ce document d’une "importance capitale" n'a reçu aucun écho dans notre pays. Les médias ont très largement ignoré cette incitation à la haine antijuive ; et l'intelligentsia de salon, si prompte à dénoncer les atteintes aux "droits du peuple palestinien", est restée l'arme au pied. Cela révèle, de façon cruelle, l’état de la liberté d’expression en France. Enfin, on n'a pas entendu, à cette occasion, les organisations (MRAP, LICRA et autres LDH) qui aux côtés des ligues islamiques, avaient traîné Michel Houllebecq ou Oriana Fallaci devant la justice. Les droits de l'homme sont pourtant les mêmes, que ces hommes soient palestiniens ou qu'ils soient israéliens. Devant autant de partialité, on n'est pas seulement effondré, on est révulsé. Il est tellement plus commode, c'est vrai, d'aller manifester à tout propos et surtout à tort et à travers.

 

 

IV. Les identités meurtrières

 

[à suivre]