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L'avenir de nos enfants

, 18:09 - Lien permanent

Aux temps jadis, j'avais quelques lueurs, ô bien faibles, rassurez-vous, sur la chose éducative (et/ou instructive, comme on voudra). Maintenant que je suis théorique, c'est-à-dire que je me contente de contempler, mon avis est encore moins autorisé que par le passé.
Alors, je sais bien que les gens autorisés, eux, vont comme à l'habitude se gausser des propos que vient de tenir le Président de la République, comme ils ont ricané au sujet des propositions récemment avancées par le Haut Conseil de l’Éducation :
ces démocrates pur sucre ne parlaient-ils pas de pétard mouillé, de nouvelle preuve du manque d’ambition du ministère, de truismes largement connus de tous, voire de contrevérités aux relents très idéologiques ?
Car ces démocrates ne connaissent qu'une loi, la leur, et ne reconnaissent qu'un seul contrôle de leurs activités, celui qu'ils exercent, disent-ils, sur eux-mêmes.
Ces fougueux républicains ont définitivement mis sous le boisseau l'article 15 de la fameuse Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 Août 1789 : "La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration". Mais bon, je m'égare, c'est la vieillesse.

Je disais donc que l'accueil réservé, pour ne pas dire plus, fait aux propositions du Haut Conseil, va sans doute servir, mutatis mutandis, à juger la Lettre (parlée !) que le Président vient d'adresser aux éducateurs (quel beau mot !).
Naturellement, ce n'est pas lui qui l'a pensée et rédigée, on a l'habitude des porte-plume des Présidents successifs (De Gaulle mis à part). Mais je tiens, moi qui n'y connais rien, que la pensée qui s'exprime dans ce long texte de six mille cent soixante-trois mots est d'une hauteur de vue qu'on ne voudra pas reconnaître : encore un coup d'éclat, va-t-on penser. Eh bien, au moins n'a-t-il pas manié la langue de Blois.
Oh, je sais bien que ce texte ne détrônera pas la célèbre Lettre aux instituteurs, de Jules Ferry (enfin, pas de Jules, de son porte-plume - le grand Buisson, je pense). Je le sais d'autant plus que lorsque j'ai publié la dite, prise à même les textes d'époque, il y a plus de deux lustres, elle ne figurait pas, sur le Net - depuis, j'ai été pas mal copié...

Je crois donc, moi qui n'y connais rien, être cependant assez bien placé pour estimer que la Lettre à Nicolas n'est pas à placer si loin que cela de celle à Jules.
J'ai apprécié que l'affaire éducative soit située au cœur de la responsabilité de la Nation (Nous, 47 occurrences ; nos, 29, notre 27), et que la Lettre dise bien qui elle vise, d'abord (Vous, 43 occurrences, votre, 17), tout en ne perdant pas de l'œil de quel avenir il s'agit : nos enfants (enfants, 43 occurrences ; enfant, 35 - élèves ne comptant que 6 occurrences, ce qui montre que l'éducatif l'emporte sur l'instructif). Le Je (40 occurrences) présidentiel ne venant qu'ensuite.
C'est remarquablement médité - encore qu'il serait évidemment possible, çà et là, d'avancer quelques objections. J'ai noté aussi, mais je ne voudrais pas vous imposer une étude lexicométrique, l'importance des injonctions (doit, 29 occurrences ; devoir, 8, faut, 30), des termes culture, respect, conscience. Et puis, amour et même cœur.
Il fallait oser !

Bravo, Monsieur le Président. Ça, c'est un texte inspiré, ou je ne m'y connais pas. Maintenant, place aux avis autorisés !
Naturellement, je subodore, par avance, leurs teneurs...

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