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Une société qui capote...

, 18:32 - Lien permanent

On sort d'Outreau, et voilà qu'un journaliste nous dit que cela révèle une société face à ses dérives (j'aurais voulu vous y voir, vous, si vous aviez été juge, devant une adolescente accusant son beau-père d'attouchements, et des experts affirmant que la parole des enfants était d'or !). Mais en dépit de la mise à mort programmée d'un juge, je ne vois pas là une dérive bien grave (excusez-moi), en tout cas bien plus grave que tant d'autres.
Tenez, en voici une : notre dette publique atteint désormais l'effarant total de 2 000 milliards d'euro, soit 65 % de notre PIB. C'est assez dire que notre situation actuelle n'est guère meilleure que celle que fit naître "l'état de grâce" de mai 81, alors que les communistes, entrés dans le gouvernement pour y faire pratiquer la démagogie que l'on sait, réussirent à faire augmenter le budget de 27 %...
On aboutit ainsi au très social blocage des salaires (et ça continue, merci la Gauche !), à trois dévaluations successives du franc (en dix-huit mois ! Qu'eût pensé de ce fait Alfred Sauvy, le grand pourfendeur de la politique monétaire du Front populaire ?), et pratiquement à la banqueroute que nous évita, en opposant son veto, le Fonds monétaire international, auprès duquel on voulait contracter un xième emprunt (qu'il faut rembourser, merci la Gauche !). Il y a de quoi être fier, en effet. Mais les Français ont la mémoire courte, n'est-ce pas ? Bon, j'en reviens à la situation actuelle - à mon sens héritée des folles dérives de mai 81 - d'une gravité extraordinaire, car on ne peut en sortir qu'en diminuant fortement les dépenses publiques (et nous voilà à parler du nombre des fonctionnaires, mais n'en parlons pas, ça fâche) ou en augmentant sensiblement les impôts (pauvre Chirac, qui voulait les faire baisser, c'était même une de ses promesses, mais cause toujours, car ses promesses n'engagent que les imbéciles qui y ont cru). Ou plutôt, en jouant à la fois sur les deux manettes. Bref, la situation est gravissime.
Alors, Chirac prend la parole, on sent qu'il a une solution : il faut... installer des distributeurs de préservatifs dans tous les lycées. Ma foi, c'est une solution comme une autre, pourquoi pas après tout ? De la gaudriole comme moyen de gouverner...
Il y a bien longtemps, à la rentrée scolaire 81 justement, une incroyable chasse aux sorcières eut lieu dans l'Éducation nationale (je ne suis pas certain que ce soit la seule administration qui ait été visée, mais c'est celle que je connais le moins mal). Sur plainte du Syndicat des Instituteurs auprès de Savary (un homme droit cependant, mais les pressions des camarades sont les pressions), plusieurs Inspecteurs d'Académie durent faire la valise, et retourner dans leurs corps d'origine (car ils ne possèdent pas un grade, mais un emploi). Parmi eux, celui de la Lozère, chassé comme un malpropre par des barbares, je n'ai pas de meilleur mot. Fin de l'épisode.
Et puis les années passent, et nous voilà sous le ministère de Jack Lang à l'Éducation nationale. J'ai déjà dit que je tiens cet individu comme un des pourrisseurs de notre société (relisez, entre autres, ce qu'il a osé dire à la mort de Cyril Collard). Alors, la grande idée de Lang, fut de faire installer des distributeurs de "capotes parisiennes" (comme disent les Teutons, ces fourbes) dans les établissements scolaires. Un seul Proviseur protesta, arguant que les Lycées avaient une vocation au travail, à l'effort, etc., et non au plaisir sexuel. C'était l'ancien Inspecteur d'Académie de la Lozère qui revenait sur le tapis, désormais comme Proviseur d'un grand lycée d'Annecy, et à deux doigts de la retraite. Je ne vous dis pas les incroyables manœuvres que fit son Ministre pour le ridiculiser...
Pourquoi ai-je raconté cette histoire ? Parce que je me demande si, en définitive, Chirac n'est pas plus méprisable que Lang. Ce qui n'est pas peu dire.

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