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Vive la rentrée... médiatique !

, 09:57 - Lien permanent

C'est la rentrée.
Tiens, par le plus grand des hasards, alors que j'attends patiemment l'ouverture au public d'un bâtiment d'Archives, je vois passer devant moi un directeur départemental récemment promu, qui ne me remarque pas, fier comme s'il avait acquis un bar-tabac.
Bref, il avait, je le reconnais, d'autres chats à fouetter que l'entretien des liens d'une éventuelle camaraderie. C'est la rentrée, il faut aller faire son cirque.
Ici ce sera la visite d'une petite école, avec l'interrogation pateline de quelques élèves ; là, une discussion avec des élus au sujet des travaux entrepris durant les vacances.
Peu importe, d'ailleurs, les divers arrêts de la tournée (qui est, un peu, des popotes) : l'essentiel est dans l'opération de communication.
Le quotidien local, demain matin, reprendra en long et en large tous ces menus événements, avec force photos, afin de leur donner une importance qu'ils sont loin - objectivement - de revêtir, et passera la pommade nécessaire pour éviter de parler des vrais problèmes.
Justement, il paraît - révèle un sondage - que les Français sont très mécontents de leur école ; je ne me prononcerai pas, et ces manifestations, positives ou pas, ne m'impressionnent nullement : je suis du bâtiment.
Cependant, alors que l'on rappelle opportunément le sort d'un génie méconnu de l'école, et qui se révéla lors de son service militaire (Jean Frêne, qui n'était pas du bois dont on fait les flûtes), on apprend que l'Armée va tenter de faire quelques chose des laissés-pour-compte de la plus grande administration après l'ex Armée rouge, j'ai nommé l'Éducation nationale.
Et en six mois, encore ! Après dix années de scolarisation ! Ça devrait tout de même éveiller certaines consciences, même parmi les plus assoupies... Mais non...
À quelques jets de pierre de l'endroit où j'ai rencontré cet ancien collègue, flotte une banderole vengeresse : nous n'accepterons jamais... fermetures de classes... échec scolaire... et tout le toutim. Finalement, je me dis que chacun conduit les opérations de communication qu'il peut.

Voici plusieurs années, à l'Académie française (qu'est-ce que je fichais là, je vous le demande un peu), j'avais été particulièrement frappé par la conférence de B. Poirot-Delpech, à propos de la communication, justement (c'était au moment de l'affaire CrozeMarie). La communication, s'était-il écrié, c'est la corruption !. Je vis un trait de génie dans cette apostrophe.

Et je ne sortirai jamais de là, comme ce chien de Sartre de son communisme. C'est la rentrée : les communicateurs de tous bords s'efforcent de corrompre, pour ne pas avoir à raisonner... ou à rendre des comptes.

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