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Lycéens dans la rue

, 15:58 - Lien permanent

Une fois de plus, les lycéens sont dans la rue.
Il est vrai que le printemps n'est pas loin, et que la sève monte...
Pour l'instant, les collégiens ne les ont pas rejoints, mais il ne faut pas désespérer.
Je déchiffre de lamentables mots d'ordre sur d'improbables pancartes, et je mesure le dérisoire des explications que des journalistes aux ordres recueillent pieusement, comme s'il s'agissait d'oracles délivrés par des Prix Nobel.
Je me souviens de ces voyous de vingt à trente ans, qui insultaient en direct, à la télé de mai 68, le Recteur Henri Gauthier, homme d'une culture et d'une courtoisie extrêmes, envoyé au casse-pipes par des péteux, et qui tentait de raisonner ces enragés ; ces enragés dont certains se vantèrent de leur penchants pédophiliques, et qui tous, depuis, ont fait de magnifiques carrières - à tel point que l'un d'entre eux, passé par les prisons de la République et radié de l'Éducation nationale, vient de partir à la retraite avec le grade... d'Inspecteur général de l'Éducation nationale !
Je me souviens des manifestations contre Debré (le père, l'Amer Michel) en l'année 72 si j'ai bonne mémoire, et contre ses projets concernant le service militaire.
J'en passe, et des meilleures, et voici Devaquet, une intelligence très supérieure, conspué en 1986 par des hordes de petits merdeux à qui tout a été donné sans combattre, et qui pratiquent le "toujours plus" si bien dénoncé, jadis, par François de Closets.
Je songe que ce Ministre délégué, chargé de l'enseignement supérieur, fut sacrifié par Chirac (déjà !), tandis que Mitterrand, vaincu par les élections, pratiquait en maître la politique du pire. Alain Devaquet eut ensuite le courage d'écrire l'Amibe et l'étudiant, sur les problèmes de l'Université et de la Recherche : allez-y voir, ça n'a pas vieilli ; la France a l'art de ne pas traiter ses problèmes, assiégée qu'elle est par une multitude de corporatismes.
Je me souviens aussi de Claude Allègre, naturellement, et de Luc Ferry, immanquablement soumis au même honteux traitement, tous les deux sacrifiés - le premier, socialiste, ayant passé à la trappe après avoir lancé des pétards qui n'étaient pas mouillés, et dit ce qu'il fallait oser dévoiler sur l'embrigadement des scolaires de tous âges par des minorités de professeurs (qui se souvient de la phrase assassine concernant les litrons de pinard dans les manifs ?).

Et je me souviens qu'il y a presque cinquante ans, on parlait déjà de contrôle continu au baccalauréat, comme moyen de soulager cette énorme et très injuste machine.

Justement, j'ai naguère publié quelque chose, là-dessus, concernant la notation au baccalauréat, un article de mon point de vue sensationnel (pas de moi), mais complètement tombé dans les oubliettes (mais a-t-il été vraiment lu, lorsqu'il fut publié en 1959 ?).
De tout cela, les jeunes sauvageons trop bien nourris et à qui on ne saurait rien refuser n'ont cure ! Qu'on les laisse se défouler, qu'on leur donne l'examen, sans aucun effort de leur part, et tout sera calme dans le pays.
Des gens comme François Guillaume peuvent continuer à lancer des avertissements dans le vide : on les traitera de réactionnaires, et la messe sera dite.

Pauvre France, tu tombes peut-être, comme le prétend Nicolas Baverez. Mais surtout, tu ressembles de plus en plus à la République de Weimar et à sa chienlit.

Et on connaît la suite, on en parle justement en ce moment, pour ceux qui ont la mémoire courte.

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