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Défilés

, 15:52 - Lien permanent

Je regarde les défilés, j'écoute les enseignants, en tous cas ceux qui défilent (petite fraction bruyante du corps), et qu'il faudrait, tant pis pour l'irrespect, traiter d'enragés. Je suis consterné de constater à quel point ça vole bas. On sent que la leçon est bien apprise, et récitée avec application.

La gauche, plurielle ou pas, incapable de régler le problème des retraites (Rocard, le moins pusillanime, n'est pas allé au-delà du fameux Livre blanc), s'arroge maintenant le droit de brocarder, à répétition, ceux qui ont été élus pour montrer un peu plus de courage. Oui, ceux qui ont été élus.

Je regarde défiler ces enragés, et je voudrais rappeler que les Français, à 96 %, ont rejeté les thèses qu'ils défendent - quatre pour cent, c'est ce qu'a récolté le PC aux dernières élections présidentielles. Les brailleurs n'en finissent pas de se compter et voudraient faire oublier ce camouflet. Car les Français ne veulent pas de leurs thèses.
Certes, tout ce qui défile n'est pas aux ordres du PC, mais on peut compter sur le parti moribond pour récupérer les retombées, s'il y en a (et il y en aura) : car il s'y entend, dans les démocraties, pour faire mousser les inévitables mécontentements ! Il y a bien longtemps, un Rapport sur la condition enseignante remarquait que les enseignants se faisaient les chantres de pratiques les desservant. On en a ici un exemple.
Depuis un demi-siècle, pas une seule mesure, à part celles qui relevaient de l'odieuse démagogie, n'a eu l'heur de plaire à la corporation enseignante. Tous les Ministres ont été, peu ou prou, brocardés. Et je me souviens de l'incroyable "Nous nous considérons en état de légitime défense" proféré par le Snes (d'inspiration communiste) à l'égard des projets d'Alain Savary.

Aujourd'hui le SNUipp (nouveau visage du Snes, étendu au Premier Degré) appelle au démarrage d'une grève reconductible, "seule capable de faire reculer le gouvernement". Faire reculer le gouvernement, cela veut dire en clair qu'on s'efforce, par une méthode bien connue, dont le premier degré est l'intimidation, d'obtenir dans la rue ce qui a été refusé dans les urnes. Oh, les braves démocrates !
Et jusqu'au dénommé Baro, vieux comique troupier du syndicalisme enseignant, qui entonne le vieil air de la "dégradation du service public" : toujours plus ! Je prends connaissance, dans "Le Monde", de l'amertume des enseignants. Je me demande ce qui la justifie - si on écarte les conditions souvent impossibles de l'exercice du métier, dans le Second Degré, point qui n'est pas abordé, et sur lequel je reviendrai sous peu.
Je lis aussi les propos navrants d'instituteurs ou de Directeurs d'écoles qui, ès-qualités et photos à l'appui, pérorent devant les journalistes : la décence intellectuelle, ou tout simplement le devoir de réserve (car il faudrait les rappeler à l'ordre), devrait les inciter à se taire. Affabulations, grossiers mensonges ("je ne veux pas être contrainte moi-même travailler jusqu'à plus de 65 ans", dit une directrice d'école, qui sait pertinemment qu'elle aura son taux plein à 55 ans), amalgame et tripatouillage des données pour cacher l'ignorance crasse des problèmes : ces gens-là voudraient ensuite être respectés de leurs élèves, en leur donnant un tel exemple ! Il y a là une certaine "bassesse d'âme", pour reprendre la formule de Jacques Julliard.

Je vois enfin les murs que montent ces manifestants avec les exemplaires du livre de leur Ministre. Ce n'est pas encore un autodafé, mais ça y ressemble fortement. Ou alors, faut-il conclure que cet ouvrage, qualifié par l'Express (peu suspect d'opposition systématique au monde enseignant), il y a peu, de "retour au bon sens", est d'un niveau un peu élevé pour eux ?

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